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Les chaînes du Dragon de Patricia Briggs

3/01/2010
Année :
Img 2009
Editeur :
Public :
Img Tous
Série :
Titre :
Img Les chaînes du Dragon
Tome :
1
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Ce livre m’a été envoyé par L’Atalante pour les critiques collectives que j’organise sur Livres Fantastiques.

Je vais commencer par le style de l’auteur. Déjà, j’ai été choqué par le temps employé, car oui, les Chaines du Dragon est écrit au présent. J’avouerais que je ne m’attendais pas à ceci dans un livre destiné aux adolescents, et ca m’a beaucoup surpris. J’ai cru que je ne m’y ferais pas, que le présent décidément, ce n’était pas pour moi, mais au bout d’un moment, on s’y fait et ça devient agréable. Mais je n’avais pas compris une chose : le livre est écrit au présent seulement quand le narrateur est le personnage principal, soit les 3/4 du roman. Le reste est écrit au passé, et on est surpris quand on tombe dans ces passages, qui est un changement de style brutal. Sinon, je n’ai rien à redire d’autre, Patricia Briggs utilise un vocabulaire simple et très agréable, ce qui fait que ce livre se lit très vite et très facilement. Je n’ai pas trouvé l’histoire très originale, mais c’est un peu parce que c’est l’impression que m’a donné le premier chapitre, impression dont j’ai mis du temps à me détacher.
En effet, dans le premier chapitre, dès la première ligne, Stolon, le personnage principal, fonce dans les bois, et repère les autres personnages grâce à un étrange pouvoir qu’il est le seul à avoir. Il a deux têtes de plus que tout le monde, il est deux fois plus fort etc. Bref, j’ai vu en lui un personnage hyper-stéréotypé, quasiment un super-héros et cela m’a dêçu.
Je m’attendais donc à quelqu’un de respecté, autoritaire, juste, bon, intelligent, etc, et je m’apprêtais à m’ennuyer comme un rat mort après la lecture.
Heureusement pour elle, Patricia Briggs a une bonne plume et je n’ai pas pu lâcher le bouquin.

Image de la Couverture de L'Atalante

Au fur et à mesure de la lecture, on en apprend un peu plus sur lui, et un peu d’originalité vient se mêler au récit, en effet, on apprend que le père de Stolon est une brute et que Stolon est obligé de jouer l’idiot s’il ne veut pas mourir. Le problème est que tout le monde se prend au jeu et que dès que son père décède, il a du mal à se détacher de cette réputation. C’est le point qui m’a le plus surpris, agréablement bien sûr !
Stolon doit partir, une histoire entière n’aurait pas pu être écrite si il ne devait pas le faire, et c’est la scène la plus décevante du roman. En effet, j’ai trouvé la raison pour laquelle il fuit complètement illogique, il y avait des dizaines d’autres solutions pour quelqu’un comme lui, des solutions beaucoup plus logiques…
Bref, je ne vais pas m’attarder sur ce qu’il se passe dans ce bouquin, mais comme on peut s’y attendre, le héros avait perdu sa magie, qu’il retrouve bien sûr vers le milieu du roman (quoi qu’il n’en fait pas usage), il part en quête de gloire à la guerre, se frotte contre des bandits pendant le trajet, est trahi par un de ses compagnons (trahison que je n’ai pas vue venir) et sauve par la ruse son fief, menacé par l’ennemi.
Dès qu’il l’a sauvé, une certaine malédiction est rompue et sa soeur muette peut parler, les terres sont de nouveau fertiles etc.

Comme vous le voyez, c’est la caricature même de ce que l’on voit tout le temps en librairie, mais il ne faut pas oublier que ce livre a été écrit en 2002, et que la High/Heroïc Fantasy était peut-être moins populaire, et je ne vous ai cité que les points négatifs.
Il y a également des points positifs, ne vous inquiétez pas ! Malgré tout cela, qui peut être agaçant pour qui n’a pas arrêté d’en lire, l’histoire reste captivante et j’ai quand même beaucoup apprécié la lecture de ce livre. Un peu de suspens, des morts (oui, c’est un point positif dans un livre comme celui là, où il n’y a d’habitude pas beaucoup de morts), des trahisons auxquelles je ne m’attendais pas, des personnages auxquels on s’attache, d’autres que l’on hait.

Si vous lisez ce livre, ne partez pas sur ce que j’ai dit plus haut, parce que vous n’apprécieriez pas votre lecture, laissez l’auteur vous emporter et vous passerez un très bon moment, mais ne le lisez pas si c’est pour lire LE livre de l’année, car vous seriez déçus.
J’attends le second tome, que je lirais quand même avec plaisir, parce que je me suis quand même régalé à lire ce livre, et qui me servira à me concocter un avis global.


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Les Héros de la Vallée de Jonathan Stroud

3/01/2010
Année :
Img 2009
Editeur :
Public :
Img Jeunesse
Titre :
Img Les Héros de la Vallée
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Jonathan Stroud est l’auteur de la trilogie de Bartiméus, cycle qui m’avait particulièrement plu lors de ma lecture. Aussi, lorsque j’ai su que l’auteur sortait un nouveau roman, je suis vite allé à la librairie afin de me le procurer.
Je dois avouer que je ne m’attendais pas à quelque chose de transcendant, et je pensais être déçu à force de vouloir comparer avec la trilogie de Bartiméus. Finalement, j’ai complètement oublié l’auteur dès les premières pages, et je me suis concentré sur le roman en question.
Eh bien je dois dire que je suis assez surpris, pour de la Fantasy jeunesse, je trouve que l’auteur a réussi à éloigner les stéréotypes que l’on y trouve souvent, et même à faire plutôt original.
La narration est très classique, et ne se distingue que par le début et la fin : Une personne, dont on ne connait pas le nom, conte l’histoire, qui est en fait une légende, celle que nous suivons, à une petite fille.
Dans cette histoire, le monde est limité à une petite vallée où cohabitent une douzaine de Maisonnées. Les valeurs sont inculqués aux enfants sous forme de contes, d’anciennes traditions auxquelles les gens croient dur comme fer. Chaque maisonnée aurait été fondée par un ancien héros.
Les habitants de la Vallée doivent tout à ces héros, car ils tiennent les Trâles à distance depuis leur cairn (une tombe). Les Trâles sont des bêtes maléfiques qui ne sortent que la nuit, et qui vivent sous terre.

Image de la couverture des Héros de la Vallée

Mais là n’est pas l’histoire principale, même si ces contes jouent un rôle très important et sont présents durant toute la durée du roman. En vérité, nous suivons la vie du petit Halli, descendant de Svein, le plus grand héros, du moins c’est ce qu’il croit, qui ait jamais existé.
Halli est un garçon court sur patte, et très laid. Mais il est aussi très malin et très farceur, et les mauvais tours qu’il joue aux habitants de sa maisonnée lui valent une mauvaise réputation. L’auteur a mis un point d’honneur à bien développer son personnage, et je dois avouer qu’il y arrive très bien. Halli est le genre de personnage que l’on a envie de prendre en pitié et dont on rit de sa bêtise. Il est bête, tout en étant intelligent, car il est obnubilé par l’idée de, lui aussi, devenir un héros.
Je ne me suis pas ennuyé durant toute la lecture de ce livre, l’action ne manque pas, comme il se doit dans un livre de jeunesse, c’est très facile à lire, et très rapide aussi pour une quantité assez imposante, et surtout, il y a beaucoup d’originalité dans l’idée.
Cette vallée est en quelque sorte une utopie, pleine de paix et de prospérité, jusqu’à ce que, bien sûr, plusieurs facteurs se combinent et créent un chamboulement extrême.
Je terminerais en disant à tous ceux qui sont à la recherche d’un bon livre jeunesse, foncez, ce livre contient tous les éléments nécessaires pour passer un très bon moment de lecture.


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La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

3/01/2010
Année :
Img 2004
Auteur :
Editeur :
Ils en parlent aussi :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img La Horde du Contrevent
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Comment aurais-je pu passer à coté de cette oeuvre majestueuse ? La Horde du Contrevent, qu’on le sache, est mon livre préféré, juste avant Perdido Street Station.

Que dire de la Horde du Contrevent ? C’est un livre unique, un véritable chef-d’oeuvre !

Je vais commencer par le plus spectaculaire, le style de l’auteur ! C’est très spécial, sauvage, naturel et puissant ! La façon dont l’auteur passe d’un point de vue à l’autre, dont il change sa façon d’écrire pour s’adapter à celle de penser des personnages… C’est impressionnant. Golgoth avec son langage un peu cru et vulgaire, Caracole avec ses phrases fantasques et ses jeux de mots à tout bout de champ, Sov, très humble, intelligent et tellement normal en fait, Pietro, Alme, Aoi, Erg… Tous existent, tous ont leurs propres affinités et leur propre caractère, je n’avais jamais vu quelque chose d’aussi prononcé que dans la Horde…
J’ai été, comme tout le monde, bouleversé au début, par le vocabulaire technique qu’emploient les personnages, les noms des différentes formes de vent, les ordres qui existent, les technologies… Bref, surpris par le monde entier, si bien décrit, si vivant !
On suit donc la Horde, composée d’une vingtaine de personnes au début, puis, au fur et à mesure de leur quête vers l’extrême-Amont, les rangs commencent à s’éclaircir… L’auteur ne cherche pas à atténuer la cruauté de certains de ses personnages, ce à quoi ils sont parfois poussés à faire, leurs sautes d’humeur, ni rien…

Couverture de la Horde du Contrevent chez Folio SF

Tous les personnages sont attachants, j’ai pleuré sur ce livre, à la mort parfois si cruelle (surtout quand elles sont racontées par Golgoth, t’as envie de le baffer celui-là des fois) de mes personnages préférés, l’auteur n’hésite pas d’ailleurs à les faire mourir… De toute façon, si il n’y avait aucun mort, ce serait incompréhensible après ce qu’ils traversent…
Dans ce livre, tout est action, les passages un peu mous ne sont seulement pas relatés, ils sont sautés et on passe aux passages importants après un bref résumé…
Ce bouquin est émotion et originalité, c’est tout. Si vous voulez vivre un bouquin, c’est bien celui-ci qu’il faut lire, passé les 50 premières pages où l’on tente de mémoriser à qui les symboles correspondent, de comprendre les mots techniques et de se faire au style très particulier, c’est vraiment un pur bijou ! C’est le premier livre qui me viendra à l’esprit quand on me demandera un conseil sur un livre à lire. Je n’ai rencontré aucun grand stéréotype de la Fantasy, ce qui grandit encore cette oeuvre.
Le pire, c’est que je suis « fier » de ce livre, parce que j’ai l’impression qu’il nous est réservé, à nous français ou très bons francophones. C’est juste un chef-d’oeuvre de la langue, les jeux de mots, les expressions sont trop présentes pour que le livre ne perde pas à la traduction, il y a tout un passage ou un membre de la horde participe à une épreuve de langue ! C’est tout simplement impossible à traduire ou alors très compliqué et je ne souhaite pas être le traducteur qui devra réinventer ce qu’a fait l’auteur ! D’ailleurs ce passage est un de mes favoris, c’est là qu’on apprécie vraiment le style de Damasio et sa connaissance du Français, ainsi que les réactions des personnages (Golgoth m’a bien fait rire sur ce coup ^^).
Un professeur de Français vous a t’il déjà dit que la Fantasy, c’est pas bon ? Moi oui, et j’ai enfin une oeuvre de Fantasy que je pourrais lui renvoyer à la face, que je lui apporterais et qui lui fera revoir ses préjugés, car c’est une oeuvre où la magie n’est pas vraiment présente, ou en tout cas, où la magie n’est pas vraiment la magie telle qu’on la connait généralement, la magie est en fait une des 9 formes du vent (le vent serait en fait à l’origine de tout, même de l’air), et tout est si bien expliqué qu’on pourrait presque y croire.

Si vous devez lire quelque chose, lisez ça, vous ne pouvez pas être déçus !


Couverture de l'édition Pocket

Perdido Street Station 2 de China Miéville

3/01/2010
Année :
Img 2006
Editeur :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img Perdido Street Station
Tome :
2
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Tout d’abord, je dois dire que ce cycle m’a beaucoup donné, autant pour ma façon d’écrire que pour la vision que je me faisais de la Fantasy et de la Science-Fiction. Il a tout chamboulé, des choses que je croyais tabous, des choses que je penses qu’il ne fallait en aucun cas mettre dans un bon bouquin étaient dans ce livre, et c’est quand même un des meilleurs bouquins que j’ai lu. En fait, je crois que c’est LE meilleur. Bon d’accord, j’en verrais peut-être d’autres, je n’ai pas fait le tour du genre, mais je pense que même pour ceux qui l’ont fait, Perdido Street Station ne les laissera pas indifférents.
Beaucoup de thèmes y sont abordés : racisme, pauvreté, courage, lacheté, avarice, dictature même. Tous ces thèmes sont présents pendant tout le livre, on est dedans, c’est Nouvelle-Crobuzon, un univers complexe, si bien imaginé, tellement bien exploité que l’on a l’impression que seuls les ans ont pu le façonner de cette manière, des siècles et des siècles.
Chaque personnage a un passé, une personnalité différente des autres.

Mais ce n’est pas tout, il y a aussi des monstres, abominables, horrifiants mais fascinants, excellemment décrits pour former une créature légendaire et que l’on craint.

Je vais commencer par le personnage qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est la Fileuse. C’est une créature très bizarre, il est impossible de prévoir ses actes tant qu’elle ne les a pas faits, car elle ne pense tout simplement pas comme nous.
Elle ne vit que pour améliorer la toile, l’oeuvre suprême, et fait tout pour cela, même si cela consiste à dessiner une oreille avec de véritables oreilles qu’elle aura préalablement découpé sur des victimes conscientes, ou encore jouer au morpion avec un milicien ^^
Viennent ensuite les Gorgones, ces horribles créatures. L’auteur, de par des métaphores parfaites, arrive à nous dégouter profondément de ces créatures, elles sont terribles, avec leurs ailes envoutantes !
Les mainmises sont beaucoup moins présentes, une scène et c’est tout, et je les ai trouvées moins réussies.

L’évolution de l’histoire m’a agréablement surpris ! Tous s’enclenche, comme un moteur qui tousse puis finit par démarrer. L’action est présente durant tout le tome, on ne s’arrête pas une seconde pour souffler, et c’est géant !
On est vraiment en situation de crise (et c’est le cas de le dire), car il faut à tout prix éliminer les gorgones…

Couverture de l'édition Pocket

On continue de suivre les personnages principaux, qui évoluent malgré eux, se comportent parfois en enfants, paniquent devant leur fin… Bref, ils restent aussi soignés, voire même plus que dans le tome précédent. Ces personnages doivent parfois faire des choix, sauver sa fiancée ou la ville ? Demandez vous ce que vous feriez, et vous verrez qu’il n’est pas toujours facile de choisir, même si là, devant notre écran ou notre livre, on se dit que l’on choisirait la ville au dépens de celle que l’on aime.

Là ou l’auteur m’a bluffé, c’est avec son concile d’artefact. Je ne sais pas quelles études a fait China Miéville mais il est doué et a fait beaucoup de recherches !
Par exemple, au moment où Isaac se rend compte que son robot (appelés artefacts) ménager est intelligent, il dit : »Une IA, une Intelligence Artefactuelle ! » . Il faut savoir que le terme IA existe, mais qu’il désigne une Intelligence Artificielle. Soit un robot en fait ^^. Sur ce coup il m’a bluffé, car il emploie en plus des jeux de mots dans les pseudo passages scientifiques.

Je vais terminer par la fin (oui, comme il se devrait d’être). Après avoir lu le commentaire de Catlinel, je m’attendais à voir la ville anéantie, tous les héros morts, ou quelque chose dans le genre, mais je ne m’attendais pas du tout à ça.
La fin m’a beaucoup plu, aussi surprenante que le reste. Il y a de l’espoir, de l’anéantissement, du dégoût, un rebondissement… Bref, même si j’aurais aimé que nos héros aient une fin heureuse (preuve que je me suis attaché aux personnages), je trouve que pour une fois, l’auteur n’a pas bâclé sa fin et l’a emmenée vers le plus « logique » dans ce monde : à la fois heureuse et triste.


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Perdido Street Station 1 de China Miéville

3/01/2010
Année :
Img 2003
Editeur :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img Perdido Street Station
Tome :
1
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Perdido Street Station est un pur joyau, déroutant mais merveilleux.
L’auteur, China Miéville, plante un décor et des personnages qui, si on les voyait pour de vrai, nous feraient sûrement vomir. Mais en même temps, c’est fascinant.
Déjà, j’ai été envouté par le style de l’auteur. Il emploie aussi bien des mots riches que des mots du langage familier. C’est un peu déroutant de voir les mots « niquer » ou « pute » dans un livre comme celui-ci au début, mais au bout d’un moment, on commence à se familiariser avec son style et ca coule tout seul. Les phrases un peu lourdes du début s’effacent peu à peu et nous laissent lire à une vitesse que je croyais impossible sur un livre comme celui là.

Couverture de l'édition Pocket

On peut qualifier les 300 premières pages de descriptives. Il y a bien un semblant d’intrigue qui se place, mais c’est vraiment rien du tout, juste le début de ce qui va prendre plus tard une énorme place dans le récit, et qui va devenir le fil conducteur du roman.
Imaginez vous dans une ville dont vous n’avez jamais entendu parler, et que vous visitez. Vous visitez cette ville une fois pour accompagner Lin qui va acheter des baies couleurs, une autre fois pour accompagner Isaac à l’université. Vous voyez tout, enregistrez tout, mais ne savez rien des races, et ne pouvez demander d’explication à personne. Vous devez apprendre tout tout seul. C’est exactement ce que l’on ressent dans Perdido Street Station, on apprend des us et coutumes de peuples, les lieux ou ils habitent, ceux qui sont persécutés, victimes, etc… uniquement ou presque avec de la description de lieux. L’univers se met en place, une ville-univers.

C’est uniquement lorsque l’on a fait le tour des quartiers qu’on se concentre sur le personnage d’Isaac et sur ses recherches, ou encore sur sa fiancée Lin, une khépri (sorte d’humain/insecte).
Isaac est un scientifique qui se considère lui-même comme touche à tout. Personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à cerner ce personnage. Tantôt sympathique, tantôt violent, tantôt tendre, tantôt douteux… Bref, il n’est pas situé d’un coté de la barrière Bien/Mal, et la franchit quand bon lui semble ou quand cela lui semble nécessaire.
Lin, sa fiancée, est une artiste. Elle sculte à l’aide de la bave khépri, c’est bizarre à expliquer mais en lisant ca passe tout seul. C’est un personnage qui a complètement cassé ses liens avec sa race, et dont elle voudrait ne plus entendre parler.

De temps en temps, on assiste à des faits divers, comme une grève que le maire fait éclater, ou encore le « meurtre » d’une prostituée et de son client, mais je ne sais pas comment tout ceci va se terminer, si ca va se rejoindre ou si ce sont des choses complètement différentes qui ne servent qu’à rendre le décor encore plus réaliste. Car nous avons même affaire à un moment à la réparation de Sincérité, un robot chargé des tâches ménagères très sentimental, qui subit l’attaque d’un virus. On sent que l’auteur a fait beaucoup de recherches puisqu’il parle de boucles infinies à un moment même.

L’univers est donc très complet, avec ses propres sciences, ses propres technologies, ses propres animaux et races.

Perdido Street Station m’a donc beaucoup plu, et j’attend la suite pour me faire un avis définitif.