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Les Scarifiés de China Miéville
20/02/10
Les Scarifiés a été défini comme un one-shot, mais l’on pourrait très bien considéré que ce roman est la suite de Perdido Street Station, car ces trois romans se passent dans le même univers – celui créé par China Miéville : Bas-lag - et surtout, à la même époque. Je conseillerais donc à ceux qui veulent lire les Scarifiés de commencer par Perdido Street Station.
Miéville ne revient pas sur les races déjà décrites dans Perdido, les Cactacés et autres Khépri apparaissent donc sans la moindre petite description, qui pourraient d’ailleurs paraître rébarbatives aux lecteurs de Perdido. Les autres pourraient se perdre au fil du récit. On retrouve aussi quelques petites références à Perdido et à ses personnages, mais qui sont quand même assez loin du fil conducteur. Mis à part cela, il est tout à fait possible de le lire en premier, les lieux et l’intrigue étant tout à fait différents.
On retrouve donc l’univers monstrueusement gigantesque de Bas-lag. Là où les romans précédents ne nous présentaient qu’une ville-état de ce monde, déjà bien assez vaste et hétéroclite pour qu’on s’y consacre autant de temps, Les Scarifiés nous présente le reste de ce monde, et plus particulièrement les mers et océans. On découvre donc de nouvelles races, toutes plus bizarres les unes que les autres, telles que les Cray ou les Anophilius, des végétariens lorsqu’il s’agit de mâles, ou des moustiques assoiffées de sang lorsqu’il s’agit de femelles, femelles qui donnent véritablement la nausée et la peur au ventre, ou encore des plus classiques, telles que les Vampères. On en apprend aussi plus sur la recréation. On « assiste » en effet carrément à une opération sur un sujet consentant cette fois, et c’est vraiment réussi.
Toutes ces nouveautés sont très intéressantes, mais ne sont rien comparés au sujet principal de ce livre : Armada.
Armada est une ville, mais une ville très originale, car c’est en fait… une armada de bateaux. Imaginez une ville composés de centaines d’immenses bateaux, reliés les uns aux autres au moyen de cordes et de passerelles, et sur lesquels vous pouvez circuler comme bon vous semble. Imaginez cela, à très grande échelle, sur plus de deux kilomètres de circonférence. Imaginez la, composée de bateaux usines, de bateaux jardins dans lesquels vous pouvez vous promener, de bateaux consacrés à l’élevage, possédant sa propre industrie, sa propre monnaie, sa propre économie, et survivant grâce au marchandage et à la piraterie, complètement mobile grâce aux centaines de bateaux qui la tirent à une vitesse infiniment petite, dérisoire. Imaginez la comme cela et vous aurez dans la tête une infime partie de ce qu’est Armada.
Armada, c’est grand. Le chaos qui y règne est immense, entre les bateaux qui s’entrechoquent incessamment, ceux qui s’agglutinent dans le cercle d’influence d’Armada, et le bruit des moteurs des autres qui tirent la ville afin d’éviter les intempéries et l’amener vers des eaux clémentes.
Cette ville se veut égalitaire, les Recréés ainsi que tous les autres sont recueillis à bras ouvert, prêt à recommencer une nouvelle vie. Car Armada fonctionne bizarrement, ce ne sont pas les habitants qui choisissent d’habiter à Armada, la ville entretenant une sorte de mystère et de légende à son égard, afin d’éviter les nombreux ennemis et jaloux, mais Armada elle même qui au gré de ses pillages et abordages, accueille à son bord de nouveaux habitants, immédiatement intégrés. C’est donc une ville avec encore plus de mélanges que Nouvelle-Crobuzon, encore plus de langues, encore plus de croyances, qui s’assemblent pour ne former plus qu’un ensemble, celui d’Armada. La ville est elle-même composé de plusieurs districts, qui ont chacun leurs propres lois et leur propre police, et qui s’affrontent en un bras de fer gigantesque pour le contrôle de la ville.
Il m’est impossible de décrire correctement Armada, seul China Miéville peut le faire, et comme il nous l’avait montré avec Nouvelle-Crobuzon, il le fait énormément bien ! On retrouve ses longues descriptions, très intéressantes, sur tout ce que voit Bellis, le personnage principal de ce livre.
Pas d’héros ou d’héroïne à proprement parler dans ce livre. Seulement une poignée de personnages principaux qui font se démènent soit pour se construire une nouvelle vie à Armada, soit pour tenter de retourner à leur ancienne.
Bellis est dans le second cas. Elle fuit Nouvelle-Crobuzon sur le Terpsichoria, un bateau appartement à l’armée de Nouvelle-Crobuzon, en qualité de linguiste, pour des raisons inconnues au départ dans l’espoir de pouvoir y retourner quelques mois plus tard. Malheureusement pour elle, elle tombe sur un escadron d’Armada qui les amène elle et les autres passagers.
Parmi eux, Shekel, un jeune mousse, ancien garçon des rues, qui se noue d’amitié avec un recréé du nom de Tanneur Sacq.
Mais revenons à Bellis donc, qui incarnera vraiment LE personnage principal, autour de laquelle les évènements importants vont se passer.
Bellis est une linguiste, froide et hautaine, elle ne m’est pas apparue favorablement au départ. Je la trouvais lâche, elle obligée à fuir pour des raisons qu’elle n’osait confier, se permettait de juger les autres passagers qui partaient, et certainement, fuyaient comme elle. Je ne l’aimais pas beaucoup, c’était une femme solitaire qui broyait du noir à longueur de journée, pas aimable pour un sou, même avec les personnes les plus avenantes… Bref, une acariâtre en or. Malgré tous ses défauts, on finit par s’attacher à elle et ses réactions énervantes et sa mauvaise humeur quotidienne. En dehors de cela, elle n’est pas exceptionnelle, ses seuls talents sont ses talents de linguiste, qui lui permettent d’apprendre rapidement des langues, et grâce auxquels elle va se retrouver embarquée dans la fabuleuse quête des Amants, les dirigeants d’Aiguillau, un district d’Armada, celui dans lequel seront accueillis Bellis et les autres passagers du Terpsichoria.
Les Amants sont deux, l’Amant, et l’Amante. Ce sont les Scarifiés, leur visage et leur corps tout entier sont couverts de cicatrice. Chaque cicatrice de l’un est reproduite exactement sur le corps de l’autre, dans une réplique parfaite. Bellis ne cache pas sa répulsion devant ce « barbarisme », qu’ils pratiquent soi-disant par passion. Ils sont deux mais ils sont qu’un, pour eux, ils forment une âme entière, séparée dans deux corps différents. Ils ont de grands projets, fous, pour Armada. Ces deux personnages sont surprotégées par Uther Dol, leur garde du corps.
Uther Dol est un personnage intéressant malgré toutes les qualités qu’il a, et qui font de lui quelqu’un d’un peu trop surpuissant peut-être. Il est en effet maître de toutes les formes de combat qu’il a rencontrées. Il est de plus très intelligent, et un thaumaturge (pour ceux qui ne le savent pas, c’est la « magie » du monde de Bas-lag, qu’il faudrait plus considérer comme une science) assez puissant. Au départ, ce n’est qu’un personnage tout le temps dans l’ombre des amants, mais comme tous, il va prendre de l’importance au fur et à mesure.
Tous ces personnages sont engagés dans un bras de fer où tous participent, chacun essayant d’atteindre ses objectifs en manipulant les autres. C’est impressionnant et on ne voit vraiment rien venir. J’ai été étonné de ma propre crédulité et stupidité. On se demande vraiment comment on n’a pas pu venir voir le coup, mais c’est tellement ficelé avec talent que l’on est obligé de passer à coté.
Cela se confirme donc, je ne peux qu’être ébloui par ce très cher monsieur Miéville et je vais m’empresser de commander le livre suivant, Le Concile de Fer, car c’est vraiment un auteur étonnant qui, avec les Scarifiés, ne fait que confirmer son énorme talent et son imagination débordante.
Je regrette de ne pas pouvoir en dire plus, je ne voudrais pas spoiler les potentiels futurs lecteurs, et j’ai déjà l’impression d’en avoir trop dit, si c’est le cas, vous m’en voyez désolé. En tout cas, si vous avez aimé Perdido Street Station, n’hésitez pas, ce livre suit sa lignée avec, pour moi, une histoire plus riche encore, car elle vient compléter celle de Perdido, et une intrigue encore plus originale !
Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss
30/01/10
Qu’y a-t-il de plus banal et tranquille qu’une auberge et son aubergiste pour démarrer une histoire?
Pourtant, d’étranges événements se produisent; un des rares clients, mais néanmoins fidèle de La Pierre Levée, se fait attaquer par un fraël, une espèce d’araignée démoniaque qui normalement se déplace en compagnie de toute sa colonie… C’est ainsi que suivent d’autres événements pour le moins inédits dans ce coin reculé du royaume qui chamboulent la tranquillité de l’aubergiste et de son apprenti Bast.
A maintes et maintes reprises, l’aubergiste, qui pourtant ne s’est installé ici seulement qu’un an plus tôt, semble se mêler de tout ; et résoudre ces problèmes avec une sagesse et un calme incroyable pour un habitant des ces landes dévorées par la superstition. Mais qui est donc ce personnage pour le moins atypique qui sait ce qu’il faut faire avec des démons immortels…?
Arrive alors un personnage qui reconnait Kote, mais sous un autre nom, celui de Kvothe, (à prononcer quoth) le légendaire magicien, musicien, voleur, assassin et bien plus encore, l’homme le plus connu et le plus détesté du monde…
Cela fait plus d’un an que Kvothe a disparu et les rumeurs fusent à son sujet, et Devan, plus connu sous le nom de Chroniqueur, veut restituer l’histoire du plus grand magicien qui n’utilise bizarrement plus la magie. Appâté par cette idée Kvothe décide de se livrer au scribe et de raconter son histoire en essayant de respecter autant que cela lui est possible la vérité…
Cette « interview » affirme-t-il durera trois jours… Il se met donc à déballer toute son enfance ; lorsqu’il vivait auprès de ses parents dans la très respectée troupe des Edema Ruh ; où il a appris, avec une aisance étonnante, à chanter et à jouer aussi bien la comédie que le drame et à posséder tout ce qu’il peut y avoir à connaitre sur le théâtre ou sur la scène. Il raconte aussi comment il est devenu ce luthiste d’exception. Puis il aborde son apprentissage de l’arcanisme avec son maître Abenthy, le drame de sa vie, la désolation, la pauvreté, la douleur, l’amour…
Et surtout comment le Nom du vent est venu à lui.
C’est l’histoire d’un sage, mais c’est surtout l’histoire de la construction de cette sagesse…
Après ce petit résumé du Nom du Vent qui est pour moi la révélation de l’année précédente, je vous propose ce que j’avais écrit à son sujet lors de sa sortie:

« Original, magnifique, audacieux, réussi, bouleversant, humain, édifiant ; autant de mots pour décrire ce livre mais pour généraliser je dirais que ce livre est Fantastique !
Patrick Rothfuss, l’auteur, a dit qu’il en avait assez de lire tout le temps le même genre de fantasy, il a donc crée un nouvel univers et une nouvelle façon de raconter l’histoire de son héros pour le moins original et attachant… Au fur et à mesure de la lecture on se dit que l’on n’est pas en train de lire le livre, on est dedans ! C’est comme si l’on entrait pour regarder une pièce de théâtre racontée à la première personne… Cette façon d’exposer l’histoire est d’ailleurs inédite pour moi ; je n’avais jamais lu de Fantasy au style autobiographique. On peut aisément dire que Monsieur Rothfuss a bien relevé le défi. C’est là toute l’originalité de ce bouquin qui je pense va avoir un franc succès en France !
Magnifique ! Quelle écriture ! Quel vocabulaire ! On ressent bien toute la sueur que l’auteur a mis pour achever ce chef d’œuvre ! Bien qu’il y ait des sujets bien définis ; la chimie, a musique, les femmes, la pauvreté, on découvre une certaine expérience de l’auteur que l’on ne ressent rarement dans le domaine fantastique.
On peut aussi dire que Rothfuss a fait preuve d’une sacrée dose d’audace, qui au final paye !
Un élément principal de ce livre c’est le temps, lorsque Kvothe nous raconte son histoire il nous envoute et nous n’avons plus de repère … doit-on se placer dans le temps de l’histoire qu’il nous raconte ? Ou bien devons nous nous placer dans le moment présent ? A l’instant où il nous donne son récit. Nous somme perdu et cet effet nous fait perdre aussi tout repère avec l’extérieur, si bien qui l’on ne voit pas le temps réel passer. Pour quand même garder une structure (qui est astucieusement travaillée) ; au fil du texte l’auteur place des interludes qu’il nomme tout simplement « interlude ». Cette audace m’a fait sourire et je me suis dit enfin quelqu’un qui appelle les choses par leurs noms c’est d’ailleurs tout le sujet du livre … Les noms !
Réussi ! Tout simplement parce que l’on ne sort pas de ce livre indifférent, (on se dit bien sur je veux la suite), mais par delà l’aspect simplement historique l’auteur nous donne avec certaines références un bon aperçu de son travail ! De plus ce livre, tout en restant de la fantasy, est différent et je veux dire par là que ce qu’il nous transmet n’est pas uniquement destiné aux lecteurs de fantasy… C’est un livre étudié. On reconnait les mythes qui ont influencé tout les grands (l’odyssée, la bible…). Mais il y a aussi quelque chose qui frappe ; il met en œuvre une métaphore de notre société et n’hésite pas à la critiquer pertinemment.
De plus les personnages sont touchants ; ils sont si humains que l’on éprouve aucune difficulté à se comparer à eux ni à s’y identifier. Dans chacun des personnages se mêlent humour, amour, cruauté, traitrise…
Je vous le dit clairement ce livre m’a fait pleurer… Bien que l’histoire soit plutôt inhabituelle, l’auteur donne au récit de Kvothe une émotion toute particulière qui prend le lecteur au corps du début à la fin ! Tout simplement bouleversant …
Voila j’espère vous avoir incité à lire ce livre, en tout cas à mon avis ; c’est un très bon investissement ! Et comme l’a dit Stéphane Marsan … « Ce livre c’est toute la fantasy que l’on aime mais bien plus encore c’est l’histoire d’un homme ! »
Ps : Pour l’édition, en reliée elle est magnifique ; une vrai œuvre d’art. Seulement on déplore trois ou quatre coquilles assez importantes pour la compréhension … »
Voilà il s’agit donc pour du livre à avoir dans sa bibliothèque (même si il coûte un peu cher) !
Soeur des cygnes de Juliet Marillier
4/01/10
Cette critique est, encore une fois, écrite dans le cadre des critiques collectives que j’organise sur Livres Fantastiques.
Je dois d’abord signaler que n’ayant pas lu le conte de Grimm dont ce livre est inspiré, je ne peux donc pas faire de comparaison.
J’ai bien aimé ce bouquin, au début, le rythme est plutôt lent et l’auteur décrit les personnages principaux, qui sont donc frères et soeurs, chacun étant très différent et très intéressant. Le plus étonnant, c’est que ceux qui paraissent le moins intéressants dans cette partie du livre deviennent en réalité ceux qui le sont le plus dans la deuxième partie, tandis que d’autres ne sont là que pour pouvoir poursuivre le récit.
En effet, parmi les six frères de Sorcha, seulement 2, voire 3 à la limite, sont réellement développés et fouillés, on oublie facilement les autres car ils ne parlent quasiment pas et ne font même pas avancer le récit.
J’ai hésité sur le public ciblé par ce roman. La narration est simple et le fait que Sorcha soit une experte en plantes seulement à l’âge de 12 ans m’a paru bizarre, et même un petit peu incroyable, mais un certain passage trop détaillé pour du jeunesse m’a finalement bien décidé à classer ce livre dans l’adulte.
Le style utilisé est simple et clair, et permet une lecture rapide et agréable. L’histoire quand à elle est très originale bien qu’elle soit extraite d’un conte, j’imagine que si je l’avais lu avant je ne dirais peut-être pas pareil. En fait, c’est justement cet aspect un peu conte et le fait que l’auteur n’hésite pas à nous le montrer qui fait que c’est original.
Après la disparition des frères, le récit avance très vite, et je me suis longtemps demandé si l’épisode « Simon » était vraiment nécessaire, mais la fin nous donne très envie de connaître la suite et le fin mot de l’histoire, et ne nous déçoit pas.
C’est donc un livre avec une très belle couverture et un très joli contenu qui m’a été gentiment fourni par L’Atalante.
J’attends la suite donc avec impatience !
Le sang du Dragon de Patricia Briggs
3/01/10
Une semaine seulement après avoir terminé Les chaînes du Dragon, je reçois Le sang du Dragon, le deuxième tome terminant ce petit diptyque, toujours envoyé par les éditions L’Atalante dans le cadre des critiques collectives de Livres Fantastiques.
C’est donc avec le premier tome en tête que je commençais ce second tome.
J’ai essayé de laisser de côté ce qui m’avait chamboulé lors de ma lecture du premier tome maintenant que je m’y étais plus ou moins habitué, afin de pouvoir découvrir la suite de l’histoire tranquillement.
L’intrigue en elle-même est complètement chamboulée, Stolon, un jeune homme plutôt guerrier, devient un politicien avisé et un homme sage. On retrouve bien tous les personnages d’avant mais je les ai trouvés… différents. La soeur muette qui ne l’est plus devient une mère responsable qui n’arrête pas de parler, le jeune Tosten, qui était tout le temps déprimé, devient quelqu’un d’enjoué.
J’ai trouvé que ça reflétait bien les 4 années qui venaient de passer, 4 années sans grand incident où tous ces personnages ont pu s’épanouir dans les nouveaux rôles qu’ils durent endosser.
Dis comme ça, ça parait un peu gros en effet, mais pendant la lecture, ça passe pas trop mal finalement, il y avait pire dans le premier tome.
Je ne vais pas m’étaler sur l’intrigue, mais je voulais quand même signaler que quelques « clichés » de la fantasy sont présents. D’accord, ce livre est un bouquin de High Fantasy mais il n’empêche que ces clichés sont bien présents.
D’abord, les nains. On en entend parler à la fin du premier tome c’est vrai mais ils sont plus présents dans le second. Et encore, quand je dis plus présent, c’est qu’ils y jouent un rôle à peine plus important.
Ensuite, la pierre de Farsan, un artefact redoutable qui pourrait détruire le monde. D’accord, quelques originalités sont mises en place par l’auteur mais il n’empêche qu’on n’échappe pas au cliché de la méchante pierre diabolique qui détruit le monde si elle tombe entre de mauvaises mains.
En parlant de mauvaises mains, il se trouve qu’elle est entre celles du roi félon, et c’est là notre troisième et dernier cliché.
Donc d’accord, on a ici les plus gros clichés de la Fantasy mais ces clichés n’en seraient pas s’ils n’étaient pas présents un peu partout, et un roman est-il classé dans la High Fantasy si une telle menace ne pèse pas sur le monde ?
En tout cas, je peux dire que j’ai beaucoup plus apprécié que le premier tome. C’est peut-être dû au fait que je me sois habitué au style, mais j’ai lu ce second tome très rapidement.
Ce qui est dommage dans cette série, ce n’est pas le style employé, c’est seulement le manque d’originalité de l’histoire. Ce livre plaira très certainement à de nombreux débutants dans le genre mais j’ai personnellement eu ma dose et je suis dans une période où je recherche de l’originalité, pas un livre jeunesse repris et transformé en livre adulte…
Les chaînes du Dragon de Patricia Briggs
3/01/10
Ce livre m’a été envoyé par L’Atalante pour les critiques collectives que j’organise sur Livres Fantastiques.
Je vais commencer par le style de l’auteur. Déjà, j’ai été choqué par le temps employé, car oui, les Chaines du Dragon est écrit au présent. J’avouerais que je ne m’attendais pas à ceci dans un livre destiné aux adolescents, et ca m’a beaucoup surpris. J’ai cru que je ne m’y ferais pas, que le présent décidément, ce n’était pas pour moi, mais au bout d’un moment, on s’y fait et ça devient agréable. Mais je n’avais pas compris une chose : le livre est écrit au présent seulement quand le narrateur est le personnage principal, soit les 3/4 du roman. Le reste est écrit au passé, et on est surpris quand on tombe dans ces passages, qui est un changement de style brutal. Sinon, je n’ai rien à redire d’autre, Patricia Briggs utilise un vocabulaire simple et très agréable, ce qui fait que ce livre se lit très vite et très facilement. Je n’ai pas trouvé l’histoire très originale, mais c’est un peu parce que c’est l’impression que m’a donné le premier chapitre, impression dont j’ai mis du temps à me détacher.
En effet, dans le premier chapitre, dès la première ligne, Stolon, le personnage principal, fonce dans les bois, et repère les autres personnages grâce à un étrange pouvoir qu’il est le seul à avoir. Il a deux têtes de plus que tout le monde, il est deux fois plus fort etc. Bref, j’ai vu en lui un personnage hyper-stéréotypé, quasiment un super-héros et cela m’a dêçu.
Je m’attendais donc à quelqu’un de respecté, autoritaire, juste, bon, intelligent, etc, et je m’apprêtais à m’ennuyer comme un rat mort après la lecture.
Heureusement pour elle, Patricia Briggs a une bonne plume et je n’ai pas pu lâcher le bouquin.
Stolon doit partir, une histoire entière n’aurait pas pu être écrite si il ne devait pas le faire, et c’est la scène la plus décevante du roman. En effet, j’ai trouvé la raison pour laquelle il fuit complètement illogique, il y avait des dizaines d’autres solutions pour quelqu’un comme lui, des solutions beaucoup plus logiques…
Bref, je ne vais pas m’attarder sur ce qu’il se passe dans ce bouquin, mais comme on peut s’y attendre, le héros avait perdu sa magie, qu’il retrouve bien sûr vers le milieu du roman (quoi qu’il n’en fait pas usage), il part en quête de gloire à la guerre, se frotte contre des bandits pendant le trajet, est trahi par un de ses compagnons (trahison que je n’ai pas vue venir) et sauve par la ruse son fief, menacé par l’ennemi.
Dès qu’il l’a sauvé, une certaine malédiction est rompue et sa soeur muette peut parler, les terres sont de nouveau fertiles etc.
Comme vous le voyez, c’est la caricature même de ce que l’on voit tout le temps en librairie, mais il ne faut pas oublier que ce livre a été écrit en 2002, et que la High/Heroïc Fantasy était peut-être moins populaire, et je ne vous ai cité que les points négatifs.
Il y a également des points positifs, ne vous inquiétez pas ! Malgré tout cela, qui peut être agaçant pour qui n’a pas arrêté d’en lire, l’histoire reste captivante et j’ai quand même beaucoup apprécié la lecture de ce livre. Un peu de suspens, des morts (oui, c’est un point positif dans un livre comme celui là, où il n’y a d’habitude pas beaucoup de morts), des trahisons auxquelles je ne m’attendais pas, des personnages auxquels on s’attache, d’autres que l’on hait.
Si vous lisez ce livre, ne partez pas sur ce que j’ai dit plus haut, parce que vous n’apprécieriez pas votre lecture, laissez l’auteur vous emporter et vous passerez un très bon moment, mais ne le lisez pas si c’est pour lire LE livre de l’année, car vous seriez déçus.
J’attends le second tome, que je lirais quand même avec plaisir, parce que je me suis quand même régalé à lire ce livre, et qui me servira à me concocter un avis global.
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