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Le Sang des Ambrose de James Enge
18/07/10
Le Sang des Ambrose est un livre de Dark Fantasy édité par l’Atalante. Je n’ai pas réellement l’habitude de lire de la Dark Fantasy mais j’en avais une image beaucoup plus noire que ce que j’ai découvert dans ce livre. Je tiens encore une fois à remercier les Editions de l’Atalante pour m’avoir envoyé ce livre.
Derrière la vie du roi se tient le Protecteur. Derrière le Protecteur son Ombre est aux aguets…
Le jeune roi Lathmar est convaincu de sa disparition prochaine. Entre la mort suspecte de ses parents, l’armée privée de son oncle le Protecteur du Trône et les purges successives parmi ses proches, seule sa lointaine aïeule Ambrosia Viviana dresse un dernier rempart contre l’usurpateur.
Sauf à faire appel au frère d’Ambrosia, l’imprévisible Mor lock Ambrosius, maître Faiseur, sorcier, bretteur et redoutable ivrogne. Et sauf à découvrir et vaincre, derrière le Protecteur, le mystérieux ma rionnettiste qui jongle avec l’âme de ses proies et se prépare à dévorer l’empire.
J’ai entamé ce livre avec la conviction d’y trouver un monde très noir ou en tout cas, aux actions des personnages très noires, car il était classé dans le genre Dark Fantasy, genre que je voulais justement découvrir. Finalement, mon avis est mitigé sur ce livre, car il y a de bons éléments mais également de mauvais qui ont enlevé beaucoup à ce bouquin.
Tout d’abord, la vitesse de narration. Le livre commence et se termine à mon goût trop rapidement. Je précise à mon goût parce que je sais que certaines personnes préfèrent éviter les épisodes qui peuvent paraître un peu longs dans un livre. A ces personnes là, je peux leur dire qu’elles ne seront pas surprises en le lisant, parce que c’est de l’action qui s’enchaîne à tout bout de champ. Tous les épisodes de la vie des personnages pendant lesquels il ne se passe rien sont sautés, tout simplement. Et moi, cela me fatigue un peu, j’essaies de suivre, mais je peine. Je ne veux pas dire par là que j’apprécie les longueurs, j’apprécie seulement les passages où on nous explique les us et coutumes des peuples dont on nous parle, où on revient en arrière pour expliquer un évènement important. Or, là, on nous lâche dans la nature sans rien nous expliquer, sans rien nous amener au fur et à mesure comme cela est fait dans Perdido Street Station, sans réellement de description. On nous parle de Faiseur, et même si on devine, au fur et à mesure, ce qu’est un faiseur, on ne sait pas réellement ce que c’est. Une part de mystère dans un livre ne fait pas trop de mal, mais cet exemple n’en est qu’un parmi d’autres, et il y a beaucoup trop de mystère, ce qui nous empêche finalement de l’apprécier. C’est comme un trou. Là où certains auteurs auraient créé des petits trous un peu partout pour permettre à l’imagination du lecteur de donner sa petite touche personnelle au monde, d’imaginer ce qu’il souhaite, James Enge lui, crée un trou béant en plein milieu, trop vaste pour être comblé par le lecteur. Heureusement, ce trou ne nuit pas à la compréhension du bouquin, il nuit seulement au ressenti car il provoque un sentiment de frustration.
Mais revenons à l’aspect Dark Fantasy, qui se manifeste ici dans les dialogues seulement, car le style n’est pas noir, c’est d’ailleurs un style assez « banal ». Banal dans le bon sens du terme, puisque c’est un style auquel on se fait rapidement et qu’on a plaisir à lire, mais qui n’a rien d’original par rapport à ce que l’on peut lire généralement. Les évènements qui se produisent sont certes quelques peu noirs, mais l’auteur n’est pas arrivé à m’angoisser ou à m’inquiéter, je n’ai pas frissoné. C’est une ambiance de crise (pas économique
), mais ce n’était pas noir, malgré la présence de zombies. Pour moi, soit l’auteur n’a pas réussi à retranscrire l’ambiance qu’il voulait, soit ce n’était pas son intention. Du coup, seuls les dialogues m’ont paru comporter un élément de Dark Fantasy, car ils sont très souvent crus et violents… réels. D’ailleurs, je pense que les dialogues sont l’aspect qu’a le plus réussi l’auteur, car il paraissent vraiment réels, et cela donne une dimension supplémentaires aux personnages.
Puisque l’on parle des personnages, je dois dire que j’ai un avis mitigé les concernant. Commençons par le roi. Autant j’ai aimé le personnage tel qu’il est décrit au début, autant celui qu’il devient ne m’a pas emballé. Je m’explique, au début du roman, le roi est décrit comme peureux, bon-à-rien, etc, et je me régalais d’avance à avoir un roi comme celui là pendant tout le livre : une plaie pour le royaume qu’il faut absolument garder en vie et de son côté pour assurer la cohésion du royaume. Malheureusement, le roi évolue pour devenir un roi tel qu’on en voit par dizaines en Fantasy : bon, généreux, sage (à 17 ans, oui oui…). C’est l’aspect qui me gène dans la Fantasy d’ailleurs, les personnages ne sont pas ce qui est le plus travaillé, on privilégie bien souvent l’histoire ou le monde, et c’est pourquoi je me tourne de plus en plus souvent vers des lectures plus traditionnelles, où on nous livre parfois un seul personnage, qui mène une existence plus que banale, mais que l’on travaille jusque dans les tréfonds de l’âme et qui le rend presque réel.
Heureusement, les personnages de ce livre ont tous un aspect qu’ils essaient de cacher au monde entier mais qui, devant le danger, ne peuvent que se trahir. En cela ils sortent des stéréotypes de base et c’est tant mieux. On trouve quand même de très bonnes surprises dans ces personnages, comme Morlock ou Ambrosia, qui même si l’on retrouve en eux certains stéréotypes, ils comportent également une bonne dose d’originalité.
En ce qui concerne l’histoire, je vais faire court pour ne rien dévoiler. Je pense qu’il y a de bons éléments qui auraient mérités d’être plus longuement et surtout, plus lentement, développés car l’enchaînement des évènements est trop rapide pour que l’on puisse apprécier tous les détails. Je reviens encore et toujours sur cette rapidité, je le sais, mais c’est parce que j’ai trouvé que c’était vraiment dommage car en prenant un peu plus de temps, l’auteur aurait pu en faire quelque chose de magnifique, avec une ambiance vraiment dark, quelque chose de bien ficelé, qui aurait pris au tripes.
Je résumerais donc ce livre en disant « bien, mais dommage », car en finissant ce livre, on se dit que c’était bien, mais que cela aurait pu être bien mieux.
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