Perdido Street Station 2 de China Miéville
Tout d’abord, je dois dire que ce cycle m’a beaucoup donné, autant pour ma façon d’écrire que pour la vision que je me faisais de la Fantasy et de la Science-Fiction. Il a tout chamboulé, des choses que je croyais tabous, des choses que je penses qu’il ne fallait en aucun cas mettre dans un bon bouquin étaient dans ce livre, et c’est quand même un des meilleurs bouquins que j’ai lu. En fait, je crois que c’est LE meilleur. Bon d’accord, j’en verrais peut-être d’autres, je n’ai pas fait le tour du genre, mais je pense que même pour ceux qui l’ont fait, Perdido Street Station ne les laissera pas indifférents.
Beaucoup de thèmes y sont abordés : racisme, pauvreté, courage, lacheté, avarice, dictature même. Tous ces thèmes sont présents pendant tout le livre, on est dedans, c’est Nouvelle-Crobuzon, un univers complexe, si bien imaginé, tellement bien exploité que l’on a l’impression que seuls les ans ont pu le façonner de cette manière, des siècles et des siècles.
Chaque personnage a un passé, une personnalité différente des autres.
Mais ce n’est pas tout, il y a aussi des monstres, abominables, horrifiants mais fascinants, excellemment décrits pour former une créature légendaire et que l’on craint.
Je vais commencer par le personnage qui m’a le plus plu dans ce roman, c’est la Fileuse. C’est une créature très bizarre, il est impossible de prévoir ses actes tant qu’elle ne les a pas faits, car elle ne pense tout simplement pas comme nous.
Elle ne vit que pour améliorer la toile, l’oeuvre suprême, et fait tout pour cela, même si cela consiste à dessiner une oreille avec de véritables oreilles qu’elle aura préalablement découpé sur des victimes conscientes, ou encore jouer au morpion avec un milicien ^^
Viennent ensuite les Gorgones, ces horribles créatures. L’auteur, de par des métaphores parfaites, arrive à nous dégouter profondément de ces créatures, elles sont terribles, avec leurs ailes envoutantes !
Les mainmises sont beaucoup moins présentes, une scène et c’est tout, et je les ai trouvées moins réussies.
L’évolution de l’histoire m’a agréablement surpris ! Tous s’enclenche, comme un moteur qui tousse puis finit par démarrer. L’action est présente durant tout le tome, on ne s’arrête pas une seconde pour souffler, et c’est géant !
On est vraiment en situation de crise (et c’est le cas de le dire), car il faut à tout prix éliminer les gorgones…
On continue de suivre les personnages principaux, qui évoluent malgré eux, se comportent parfois en enfants, paniquent devant leur fin… Bref, ils restent aussi soignés, voire même plus que dans le tome précédent. Ces personnages doivent parfois faire des choix, sauver sa fiancée ou la ville ? Demandez vous ce que vous feriez, et vous verrez qu’il n’est pas toujours facile de choisir, même si là, devant notre écran ou notre livre, on se dit que l’on choisirait la ville au dépens de celle que l’on aime.
Là ou l’auteur m’a bluffé, c’est avec son concile d’artefact. Je ne sais pas quelles études a fait China Miéville mais il est doué et a fait beaucoup de recherches !
Par exemple, au moment où Isaac se rend compte que son robot (appelés artefacts) ménager est intelligent, il dit : »Une IA, une Intelligence Artefactuelle ! » . Il faut savoir que le terme IA existe, mais qu’il désigne une Intelligence Artificielle. Soit un robot en fait ^^. Sur ce coup il m’a bluffé, car il emploie en plus des jeux de mots dans les pseudo passages scientifiques.
Je vais terminer par la fin (oui, comme il se devrait d’être). Après avoir lu le commentaire de Catlinel, je m’attendais à voir la ville anéantie, tous les héros morts, ou quelque chose dans le genre, mais je ne m’attendais pas du tout à ça.
La fin m’a beaucoup plu, aussi surprenante que le reste. Il y a de l’espoir, de l’anéantissement, du dégoût, un rebondissement… Bref, même si j’aurais aimé que nos héros aient une fin heureuse (preuve que je me suis attaché aux personnages), je trouve que pour une fois, l’auteur n’a pas bâclé sa fin et l’a emmenée vers le plus « logique » dans ce monde : à la fois heureuse et triste.
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| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Julien le 3 janvier 2010 à 19 h 26 min, et placée dans Livres. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |

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