Perdido Street Station est un pur joyau, déroutant mais merveilleux.
L’auteur, China Miéville, plante un décor et des personnages qui, si on les voyait pour de vrai, nous feraient sûrement vomir. Mais en même temps, c’est fascinant.
Déjà, j’ai été envouté par le style de l’auteur. Il emploie aussi bien des mots riches que des mots du langage familier. C’est un peu déroutant de voir les mots « niquer » ou « pute » dans un livre comme celui-ci au début, mais au bout d’un moment, on commence à se familiariser avec son style et ca coule tout seul. Les phrases un peu lourdes du début s’effacent peu à peu et nous laissent lire à une vitesse que je croyais impossible sur un livre comme celui là.

Couverture de l'édition Pocket

On peut qualifier les 300 premières pages de descriptives. Il y a bien un semblant d’intrigue qui se place, mais c’est vraiment rien du tout, juste le début de ce qui va prendre plus tard une énorme place dans le récit, et qui va devenir le fil conducteur du roman.
Imaginez vous dans une ville dont vous n’avez jamais entendu parler, et que vous visitez. Vous visitez cette ville une fois pour accompagner Lin qui va acheter des baies couleurs, une autre fois pour accompagner Isaac à l’université. Vous voyez tout, enregistrez tout, mais ne savez rien des races, et ne pouvez demander d’explication à personne. Vous devez apprendre tout tout seul. C’est exactement ce que l’on ressent dans Perdido Street Station, on apprend des us et coutumes de peuples, les lieux ou ils habitent, ceux qui sont persécutés, victimes, etc… uniquement ou presque avec de la description de lieux. L’univers se met en place, une ville-univers.

C’est uniquement lorsque l’on a fait le tour des quartiers qu’on se concentre sur le personnage d’Isaac et sur ses recherches, ou encore sur sa fiancée Lin, une khépri (sorte d’humain/insecte).
Isaac est un scientifique qui se considère lui-même comme touche à tout. Personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à cerner ce personnage. Tantôt sympathique, tantôt violent, tantôt tendre, tantôt douteux… Bref, il n’est pas situé d’un coté de la barrière Bien/Mal, et la franchit quand bon lui semble ou quand cela lui semble nécessaire.
Lin, sa fiancée, est une artiste. Elle sculte à l’aide de la bave khépri, c’est bizarre à expliquer mais en lisant ca passe tout seul. C’est un personnage qui a complètement cassé ses liens avec sa race, et dont elle voudrait ne plus entendre parler.

De temps en temps, on assiste à des faits divers, comme une grève que le maire fait éclater, ou encore le « meurtre » d’une prostituée et de son client, mais je ne sais pas comment tout ceci va se terminer, si ca va se rejoindre ou si ce sont des choses complètement différentes qui ne servent qu’à rendre le décor encore plus réaliste. Car nous avons même affaire à un moment à la réparation de Sincérité, un robot chargé des tâches ménagères très sentimental, qui subit l’attaque d’un virus. On sent que l’auteur a fait beaucoup de recherches puisqu’il parle de boucles infinies à un moment même.

L’univers est donc très complet, avec ses propres sciences, ses propres technologies, ses propres animaux et races.

Perdido Street Station m’a donc beaucoup plu, et j’attend la suite pour me faire un avis définitif.

Relatif :

  1. Perdido Street Station 2 de China Miéville
  2. Les Scarifiés de China Miéville