Flux RSS
9782207259733

Leçons du monde fluctuant de Jérôme Noirez

21/10/2010
Année :
Img 2007
Editeur :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img Leçons du monde fluctuant
Voir le résumé

Leçons du monde fluctuant est un véritable coup de cœur. Je voulais seulement lire un livre de cet auteur avant les Utopiales et je n’avais jamais entendu parler de ce livre auparavant, ce qui fait que je n’en attendais presque rien. Et bien, j’ai été vraiment très agréablement surpris.

Comme on le comprend, ce livre parle de Lewis Carroll, l’auteur d’Alice au pays des Merveilles, le conte pour enfants. Et ce livre est étonnant. On suit deux personnages, Dodgson donc, personnage fidèle à Lewis Carroll : intelligent, bégayant, et passionné par les petites filles, attiré par leur pureté et leur innocence. Cette attirance commence à être connue à New Oxford, où il vit, et d’où il n’est presque jamais parti, et on le contraint donc à s’exiler dans une des colonies Anglaises : Novascholastica. Le deuxième personnage que nous suivons est Kematia, une indigène qui vivait à Novascholastica et qui est morte à cause d’un rituel qui a mal tourné. Oui, on suit ce personnage après sa mort, car dans le monde de Noirez, les morts poursuivent leur existence dans des espaces qui leur sont réservés.

Couverture de Leçons du monde fluctuant

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est l’humour, qui est constamment présent. J’ai ri du début à la fin, ce que je ne pensais pas possible. La littérature adulte peut être drôle et quand on est habitué à lire des livres où les personnages sont principalement dépressifs, ça fait du bien.

Les laralis soulevèrent leurs paupières. Les femelles grognèrent et les mâles s’étirèrent en bâillant. Ils avaient le ventre plein de crapauds, un faon pourrissait sur les racines de leur arbre (il serait à point d’ici une semaine), et ils ne tenaient pas à dépenser leur énergie en s’attaquant à de grosses proies.
Ils changèrent toutefois d’avis quand Chister commença à les bombarder de cailloux.

On suit donc un personnage qui vit dans un monde plus ou moins rationnel, Dodgson, ce qui n’empêche pas l’humour d’être omniprésent grâce aux personnages, tous hauts en couleurs et représentatifs de l’époque victorienne, et particulièrement le dénommé Renwick, un homme dont le métier consiste à régler les problèmes existants dans les royaumes des morts et qui méprise le monde entier. On rit de tout, c’est parfois très noir, comme lorsque les personnages se permettent des réflexions sur l’attirance qu’a Dodgson envers les fillettes, mais c’est vraiment très drôle.

Sa tête dodelina comme un ballon secoué par la main d’un enfant, il poussa un couinement savoureux, et rendit l’âme.
« Tout va bien, professeur Salmons ? », s’enquit Renwick depuis la fenêtre du grenier.
Il n’obtint pas de réponse.
Tout allait bien, donc.

Et ensuite, on suit un personnage qui « vit » dans un monde complètement loufoque, et où l’ambiance ressemble vaguement à celle présente dans Alice au pays des merveilles. C’est un Alice au Pays des merveilles plus évolué, car là où le conte est un conte pour enfants, ce roman est pour adultes, et c’est donc beaucoup plus recherché. Noirez prend ce qui se passe dans Alice au pays des merveilles pour les expliquer, à sa manière. On apprend ainsi que le lapin toujours pressé que l’on connait dans Alice au pays des merveilles serait en fait un lapin toxicomane auquel on a donné une montre et qui se plait à s’inventer des rendez-vous.

«Dis-moi, chasseur, demanda soudainement le lapin, les cartouches, là… Il y a une poudre dedans, n’est-ce pas ?
— De la poudre noire, c’est exact.»
Les dents du lapin s’entrechoquèrent.
«De la poudre… Veux-tu m’en donner une ? Ou peut-être deux ?
— Tu veux faire quoi avec des cartouches ? Jouer au lapin chasseur ?»
[...]
Le lapin poussa fébrilement les billes de plomb qu’il jugeait trop grosses puis il enfonça sa truffe dans la poudre et prit une large inspiration.
«Mon dieu ! Tu es fou ! Ça ne se prise pas !
— Ça se prise ! La preuve ! s’exclama l’olukos avant d’éternuer un peu de sang. Mmmmm… C’est même… mmmmm… bon ! Kilampu ne m’avait pas fait goûter de cette poudre-là… Finalement je ne suis pas mécontent de vous avoir rencontrés.»

Bref, c’est vraiment ce qui m’a plu dans ce livre, l’humour, l’humour et toujours l’humour. C’est un Alice au pays des Merveilles pour adultes, et en cela, c’est tout à fait réussi. Si vous ne vous rappelez plus que la lecture peut aussi être un moment de détente et seulement de détente, lisez ce livre, et vous comprendrez. La lecture de ce roman est un plaisir du début à la fin, car quelque soit le sujet que l’auteur aborde, que ce soit l’époque victorienne et ses préjugés racistes ou encore la pédophilie,  il y a toujours de l’humour et de l’absurde afin qu’il passe facilement.

Chister s’amusa à écraser des crapauds, provoquant les réprimandes pédagogiques de Dodgson qui essaya, sans le moindre succès, de sensibiliser l’idiot au respect de la vie animale. Ce à quoi Chister objecta que ce n’étaient pas des animaux, mais juste des crapauds.

Je ne peux donc que vous conseiller ce livre, en tout cas, je sais que je vais m’intéresser à cet auteur ! C’était vraiment une lecture agréable comme je n’en avais pas connu depuis un moment, je n’étais plus habitué à rire en lisant.


Couverture de Dernières nouvelles de la Terre chez L'Atalante

Dernières nouvelles de la Terre de Pierre Bordage

8/10/2010
Année :
Img 2010
Editeur :
Ils en parlent aussi :
Public :
Img Tous
Titre :
Img Dernières nouvelles de la Terre
Voir le résumé

Dernières nouvelles de la Terre est un recueil de nouvelles de Pierre Bordage publié par L’Atalante. Ces nouvelles se passent pour la plupart dans le futur, plus ou moins proche selon les nouvelles.

Je ne vais pas parler de chacune des nouvelles, d’une part parce que je ne verrais pas quoi dire, les textes étant plutôt courts, mais également et surtout parce que les nouvelles forment un ensemble qui n’a d’intérêt que soudé. Car si je n’ai pas eu de coup de coeur pour chacune des nouvelles (on peut même dire que certaines ne m’ont fait ni chaud ni froid), on peut dire que j’ai apprécié l’ensemble qu’elles formaient.

Couverture chez L'Atalante

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on y voit un peu de tout. Ça tend vers le pessimisme, bien sûr, tout en n’allant pas trop loin ce de côté là, mais les nouvelles ont pour mérite de soit complètement changer de sujet, soit exploiter différentes possibilités quand au futur. Le problème réside dans le fait que les sujets et les pistes exploitées n’ont pas réussi à me toucher ni à m’évoquer quoi que ce soit…

Je dois quand même dire que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais au départ. Je pensais voir des textes engagés politiquement, ou engagés tout simplement, et finalement, ce sont des nouvelles plutôt neutres à ce niveau-là. On touche plutôt à des sujets « généraux », comme la guerre, le développement d’un virus, l’installation d’une colonie Terrienne sur une autre planète, qui oublie progressivement l’existence de la Terre vouée à disparaître… Ce n’est pas à proprement parler effrayant, mais ce n’est pas non plus réjouissant… Mais une fois que j’ai compris que les nouvelles étaient plutôt « distrayantes », j’ai enfin pu profiter de ma lecture. D’ailleurs, je pense que c’est à cause de cette déception que l’introduction aux nouvelles ne m’a pas du tout emballé. C’est l’histoire d’une femme qui vient du futur remercier son auteur préféré pour avoir changé sa vie… C’est un peu le rêve de tout auteur de science-fiction j’imagine, donc je pense que l’auteur a simplement voulu se faire plaisir, et peut-être que j’aurais aimé si ça avait été tourné d’une différente façon, mais celle qu’a utilisé l’auteur ne m’a pas convaincu sur le moment, en fait je ne voyais pas l’intérêt réel de cette introduction.

Le style de Bordage est joli en tout cas, fin, délicat, il va droit au but. On ne retrouve pas cette virtuosité que j’aime chez certains auteurs, mais il est agréable. Ce n’est pas un style très descriptif, mais il est très émotif et réaliste au niveau des dialogues.

Donc, je vous conseille ce recueil si vous souhaitez passer un bon moment, les nouvelles sont plutôt agréables, et on prend du plaisir à les lire car même si elles sont pessimistes, ce sont quand même de belles histoires. Malheureusement, il n’y a rien de trop accrocheur dans chacune des nouvelles qui m’ait marqué et on peut dire que pour un premier Bordage, j’ai été assez déçu car j’attendais beaucoup de cet auteur…


100521043813170360

Les Magiciens de Lev Grossman

8/09/2010
Année :
Img 2010
Auteur :
Editeur :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img Les Magiciens
Voir le résumé

Après la lecture du synopsis, vous vous dites que cela ressemble beaucoup à Harry Potter, à du réchauffé, du vu et revu ? Laissez tombez, vous êtes, comme je l’étais avant d’ouvrir ce livre, totalement à côté de la plaque. Certes, les débuts commencent avec le schéma classique : Un héros éclipsé par « l’aura » de son meilleur ami et amoureux d’une fille qui n’a pas les même sentiments pour lui, mais de suite après cette courte introduction, tout bascule.

Je m’attendais à retrouver un Harry Potter qui va à l’école de magie, qui s’amuse avec ses camarades et qui, à la fin, va combattre une créature du mal quelconque… Mais l’auteur se démarque vite de ces clichés et fait de ce genre, que l’on pensait réservé à la jeunesse, une œuvre complètement adulte, que l’on ne conseillerait d’ailleurs à aucun enfant. C’est troublant, car l’on retrouve quand même tous les éléments « jeunesses », mieux mis en scène peut-être, mais ils sont tout de même bien là, auxquels on ajoute un aspect dur et une ambiance que l’on n’aurait jamais imaginé dans un livre tel que celui-ci. Ce n’est pas niais, ça tient la route et on s’y croirait presque.

Couverture chez L'Atalante

Ce n’est pas niais, non, mais les personnages le sont, eux. Au lieu du héros en lequel nous pensions que Quentin se transformerait, c’est un homme déprimé que nous trouvons. Un peu dans le genre de Fitz dans l’Assassin Royal, versant tout le temps dans le mélodrame. Un personnage principal auquel on s’attache malgré ses nombreux défauts. C’est exactement ce qu’il se passe avec Quentin, qui fait de nombreuses erreurs, certaines impardonnables, mais qui sont produites à cause de son immense puérilité. Parce que c’est ce qu’il est, un enfant qui rêve de s’échapper du monde dans lequel il vit. Il rêve d’aller à Fillory.

Fillory est un monde fortement inspiré du monde de Narnia. C’est un monde que Plover, un auteur lui aussi inventé par l’auteur, a inventé, et dans lequel, vous l’aurez compris, il se passe tout un tas d’aventures spectaculaires, où les animaux parlent, etc. Ce sont des livres que tous les enfants ont lu et qui ont passé le stade de le lire, mais Quentin n’en fait pas parti, il les relit dès qu’il le peut, s’imaginant y vivre des aventures fabuleuses qui lui permettraient d’évacuer son constant malheur et sa constante lassitude.

L’intrigue en elle-même n’est pas réellement originale, même si quelques éléments sont réellement sympathiques, mais elle n’est pas la plus importante, je l’ai déjà dit mais je le répète parce que c’est vraiment le point à souligner et qui fait toute la magie de ce livre, ce sont ces éléments adultes que l’auteur a intégré dans des éléments jeunesses. Le sexe, l’alcool et même la drogue, la lâcheté, y sont abordés durement, sans leçon donnée au lecteur, et ça fait du bien. C’est plus dur, cela enlève la « magie » qui nous a enchanté chez Harry Potter mais le livre n’en parait que plus réel et c’est cet aspect qui m’a le plus plu.

Il est clair que ce livre ne plaira pas à tout le monde, je n’ai pas de mal à comprendre qu’il ne fasse pas l’unanimité, mais beaucoup d’éléments mélangés par l’auteur forment un tout qui mérite d’être lu. Les fatigués du genre y verront peut-être même un renouveau.


Couverture de Metro 2033 chez L'Atalante

Metro 2033 de Dmitri Glukhovski

31/08/2010
Année :
Img 2010
Editeur :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img Metro 2033
Voir le résumé

Metro 2033, qui est plus connu en France, malheureusement, pour le jeu vidéo qui s’en est inspiré, est un roman dont le synopsis pourrait être qualifié de basique pour le genre auquel il appartient. Et pourtant, ce livre est fascinant.

Nous découvrons donc le métro grâce à Artyom, un jeune homme de 16 ans. Qu’est ce personnage ? Pour tout dire, je n’en sais rien, tout ce que je sais, c’est que lui, il ne sait rien. Ce que je veux dire par là, c’est que c’est quelqu’un qui n’a aucun souvenir de la vie avant qu’il soit obligé de se réfugier dans le métro, puisque la catastrophe a eu lieu lorsqu’il était âgé d’environ 3 ans, mais en plus de cela, c’est quelqu’un qui n’a jamais voyagé dans le métro, ou en tout cas pas très loin de la station dans laquelle il vit. Ce qui fait que l’on se retrouve avec quelqu’un peu au courant de ce qui se passe dans le métro, et c’est tant mieux, parce que cela nous permet de tout découvrir en même temps que lui.

D’ailleurs, la particularité que j’aime beaucoup dans ce livre, c’est que comme les habitants des tunnels n’ont pas d’électricité, les nouvelles parcourent les stations comme avant, amplifiées et déformées, ce qui fait qu’avant de pouvoir comprendre quelque chose, il faut souvent avoir eu plusieurs versions d’une même histoire et faire la part des choses ! C’est une des petites originalités mises en place par l’auteur qui m’ont beaucoup plu, l’auteur nous plonge dans l’histoire par le biais d’histoires racontées pendant un tour de garde par les hommes en faction, qui débattent autour d’un mythe, qui se chamaillent… Sans avoir lu le livre, on imaginerait presque une ambiance chaleureuse, et pourtant, c’est loin d’être le cas. L’auteur donne à son livre une ambiance lourde, on a toujours l’impression d’un danger imminent, c’est frappant, on entre vraiment dans la vie des gens du métro, une vie de peur, de méfiance, de lutte pour la survie, de sacrifices et de mort…

C’est ce que j’ai le plus aimé dans ce livre, cette ambiance, ce ressenti des émotions ! C’est partout et pourtant, lorsqu’on le cherche, on ne le trouve pas, parce que c’est très bien amené, c’est tout au long du roman. Le pire est, je crois, de voir que les gens se sont accoutumés à vivre de cette façon, qu’ils se démènent pour leur survie et que seule leur survie leur importe. L’auteur n’hésite pas d’ailleurs à en débattre par le biais de son personnage, qui, je vous le rappelle, découvre tous les éléments en même temps que nous et évolue en fonction d’eux. Ce personnage, bien qu’ayant subi quelques épreuves difficiles, était toutefois relativement à l’abri dans le cocon qu’était sa station.

Couverture de Metro 2033 chez L'Atalante

Ce qui est tout aussi intéressant, c’est la fascination et les questions qu’a su créer l’auteur dans la tête des personnages qui, comme Artyom, n’ont jamais vu ce qu’était le ciel, les étoiles, les voitures… qui ne peuvent pas imaginer ce qu’est une ville grouillante d’activité et, surtout, qui n’ont pas pu étudier l’histoire. C’est très bien mené et l’on voit parfois les personnages rêver de la vie de leurs ancêtres et se tromper lourdement.

Mais ce qui m’a le plus intéressé, c’est l’organisation de la vie dans le metro, la monnaie a été remplacé par les munitions des fusils, le commerce ne se fait qu’avec cela, une preuve encore que le danger est très présent dans le métro, et ce constant échange ne fait que renforcer la noire ambiance qui règne. Chaque station n’est pas devenue une ville d’un seul et même pays non, elles sont toutes devenues des petits pays, au régime différent, aux règles différentes, au fonctionnement différent… On retrouve de tout, l’anarchisme, le nazisme et le communisme… Chacun organisé en un tout qui communique entre eux, échangent, se combattent… Il y a beaucoup de réflexion, Glukhovski en profite pour détailler tous ces régimes d’un oeil nouveau, celui d’Artyom, qui même s’il ne comprend pas le racisme envers les noirs de la part des nazis, comprend en revanche le fait que d’autres puissent penser différemment de lui, que tout est affaire de point de vue… L’auteur insiste d’ailleurs beaucoup sur ce fait, on ne sait vraiment pourquoi qu’à la fin.

Ce qui m’a étonné dans ce livre mais pas vraiment gêné, c’est l’enchaînement des évènements qui se fait un peu au hasard, on passe dans une station où un mystère est soulevé, on pense que le héros va le résoudre avant de poursuivre son chemin mais non, il continue… C’est quelque chose dont on n’a pas vraiment l’habitude, mais, on le découvre un peu plus tard, l’auteur philosophe en fait un peu sur le sens de la vie, la destinée, etc. Comme je le dis, c’est déconcertant mais finalement, c’est tout aussi bien, parfois, il arrive que l’on ait plusieurs choses à faire et que l’on soit obligé d’en laisser tomber plusieurs pour pouvoir finir la plus importante, c’est exactement ce qui se passe dans le livre : des personnages apparaissent pour disparaître presque aussitôt, ne jouant qu’un rôle rapide et pourtant capital dans la vie du personnage… Des mystères apparaissent, auxquels nous attendons des réponses mais auxquels le personnage tournera le dos et auxquels, finalement, nous n’aurons jamais de réponse.

Ce roman est donc une très belle réflexion, sur tout ce qui est abordé, et le nombre de choses qui y est abordé est tel que je pourrais en parler pendant des heures. Une très bonne découverte donc, que je vous recommande !


des_fleurs_pour_algernon

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

24/08/2010
Posté par Ben (Zedd), dans Livres
Année :
Img 1972
Auteur :
Editeur :
Ils en parlent aussi :
Public :
Img Tout
Titre :
Img Des fleurs pour Algernon
Voir le résumé

Un petit résumé pour commencer ?! …

Que dire à part que ce livre m’a passionné. Mais dans un sens différent. En effet ce livre n’est transcendant ni par son style ni par l’histoire, ce sont les idées transmises qui sont passionnantes. Essayons tout de même de rester dans le plan établi:

L’histoire en elle-même n’a rien d’extraordinaire sauf qu’elle sert parfaitement la volonté de donner une morale à ce bouquin et qu’elle est très émouvante. En effet l’histoire de Charlie nous prend au tripe car après l’attendrissement que l’on a envers ce jeune déficient mental on éprouve ensuite de la fierté de le voir évoluer de cette manière puis on commence à la haïr parce que l’on pense qu’il n’a rien compris alors qu’il devrait être le seul à pouvoir le comprendre et enfin il revient à lui même et l’on se sent triste… Autrement dit ce bouquin chamboule et vous en avez les nerfs à vif vous commencez à voir les choses autrement, on se pose des questions.

Le style quand à lui n’a rien lui aussi de fabuleux à part qu’il sert excellemment l’histoire et qu’il est assez amusant de voir que l’écriture suit l’évolution de Charlie que ce soit en bien ou en pire et que certains écarts ou améliorations de l’orthographe nous permettent de deviner la suite de l’histoire.

Mais ce qui est le plus important c’est le fond idéologique qui imprègne le livre dans son entier. L’auteur a pris le temps d’aborder des phénomènes de société qui nous font réfléchir, tout en étant moralisateur l’auteur ne « rentre pas dans le lard » du lecteur; il le persuade.

En fait ce livre nous permet de nous rendre compte et de devenir d’une part plus ouvert envers tout le monde et d’autre part plus conscient de choses qui logiquement nous dépassent. Ce livre n’est pas un chef d’oeuvre littéraire mais son intérêt est placé dans l’engagement que l’auteur retransmet surtout que l’on ne trouve guère de livre de ce genre en science fiction. Je le conseille donc vivement mais il ne faut pas s’attendre à de la SF habituelle.