Le Jardin Schizologique est un recueil dirigé par Olivier Noël sorti en même temps que Ceux qui nous veulent du bien. On y retrouve les auteurs réguliers de La Volte, qui édite ce présent recueil. Les deux recueils se ressemblent beaucoup, seule la couleur (grise pour CQNVDB, et noire pour le Jardin) change véritablement. Je trouve le Jardin encore plus classe que CQNVDB.
Ce livre m’attirait beaucoup, de par le mystère qui l’entourait quand à son contenu, dont on se fait une idée approximative grâce au titre et au résumé, et qui promettait beaucoup. Finalement… j’ai bien aimé, pas toutes les nouvelles malheureusement, mais c’est plutôt normal dans un anthologie, mais dans l’ensemble, ça allait.
Innervée, la nuit était féale aux urgences tactiles. Juste allégation mais aussi intuition sereine : évitant toute introduction qui utiliserait et trahirait en retour une nécessité si usuelle – jolie écervelée, tentée car authentiquement religieuse -, une nonne excitée priait et rougissait sans oser nier ni aimer l’irrépressible torpeur érotique déployée en polissant assidument son sexe émoustillé. Toutefois, oubliant une jouissance ou une récompense si libératrice, elle se laissait masturber innocemment, tremblante et soumise, dans une nouvelle et craintive assiduitétorpide. Effarante gloriole onaniste, risible intensité expiatoire.
Au niveau du style, je n’ai rien à dire, pas dans le sens où le style est banal, non, juste que je n’ai pas remarqué de nouvelle mal écrite ou sans personnalité. Toutes les nouvelles sont très bien écrites, je ne me suis pas ennuyé du tout pendant cette lecture, j’étais vraiment sous le charme du style des différents auteurs.
Quant à moi, fidèle à ma posture, je me contente d’halluciner continûment et de rire aux larmes.
Elle joue à être moi : poupée de givre, poupée de sang. Dans l’espace au-delà du miroir, je la vois toucher aux livres, aux meubles, aux bibelots, pour en apprivoiser la forme et la texture.
En fait, là où le bât blesse, c’est au niveau de la complexité de l’histoire. Complexité dans le sens de difficiles à comprendre. La majorité des nouvelles est chaotique. C’est bel et bien le sujet, je me représente la schizophrénie comme un immense chaos, un océan aux vagues immenses et où le vent, traitre, nous emmène sans effort au large et où aucune lutte n’est possible, et c’est bien comme cela qu’elle est représentée dans certaines des nouvelles, mais parfois, le chaos est trop intense, trop… chaotique. Ce qui rend la lecture très difficile, on se voit parfois lire plusieurs fois le même paragraphe d’une nouvelle parce qu’on se demande si on a pas loupé quelque chose. Il faut le dire : Il y a des moments où je n’ai absolument rien compris à ce qui se passait, ce qui a eu pour conséquence une incompréhension partielle de certaines des nouvelles. Alors peut-être que c’est seulement à cause de mon cerveau trop faible pour comprendre ce qu’on voulait nous dire, c’est fortement possible, mais je préfère me dire (vanité quand tu nous tiens) que ce n’est pas de ma faute, alors je le dis.
- Mais j’ai tout le temps peur. J’arrive pas à dormir. Dès que je ferme les yeux, je revois Roderic. Il grimaçait comme le diable. De son pantalon, il avait sorti une… une espèce de saucisse… monstrueuse !
- Ça n’a aucun rapport. Vous voyez bien, elle a tout compris de travers : elle a huit ans à peine !
Et Isa, elle pleurait, elle disait que non, qu’elle voulait pas, qu’il avait pas le droit. Mais lui, il s’en fichait. Il lui a déchiré sa robe. Et elle s’est mise à crier, avec des sanglots terribles. Alors il lui a mis ce truc entre les cuisses. Et elle a poussé un cri aigu… Si aigu…
- Chut, chut, Petite Muguet… C’est fini maintenant. C’est fini…
Non ! C’est pas fini. Ce sera jamais fini. Il revient toutes les nuits. Il m’écarte les jambes avec cet affreux machin. Ha !… Et il me l’enfonce dans le ventre. Haaa ! Et moi je veux pas ! Je veux pas ! Ooooh !…
Et pourtant, j’en ressors avec un assez bon souvenir, mitigé certes, mais malgré tout tendant vers le bon, car j’ai aimé lire ce recueil. Beaucoup des nouvelles sont fortes, au message très subtil et pourtant très touchant. Je crois que dans ce recueil, le mot schizophrénie n’est pas employé une seule fois. Tout est subliminal, on ne comprend pas de suite ce qui se passe, et parfois, il ne se passe pas beaucoup de choses, car — faut-il le rappeler ? — les auteurs abordent la schizophrénie, maladie mentale. La plupart du temps donc, on suit la réflexion d’une personne, s’exprimant souvent avec plusieurs voix, et l’effet est très réussi.
Si votre employeur vous fait appeler et vous félicite pour votre rendement, répondez-lui d’une façon insultante, puis giflez-le.
Une oeuvre originale donc, malgré le fait qu’il soit difficile, en tout points, et donc difficilement recommandable. Je ne peux pas le conseiller, mais ce n’est pas pour autant que je le déconseillerais. Si vous souhaitez le lire, j’aurais également à vous souhaiter une bonne lecture… mais aussi bon courage !
Sam, c’est mon fils. Il a eu trois ans bientôt. Je suis son vrai père, je l’ai adopté.
Postillons intempestifs, perruques inconvenantes, anachronismes revendiqués : déclencheurs d’hilarités sporadiques.
Merci à Babelio pour m’avoir envoyé ce livre lors d’une de leurs opérations Masse Critique, et sur lequel je n’ai que trop tardé à donner mon avis !
Au revoir, Monsieur… Vous sur une rive, nous sur l’autre, nous resterons des étrangers. Absolus, inconciliables… Dieu lui-même ne pourrait y remédier.

2010
Adulte
Le jardin Schizologique






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