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Couverture du Jardin Schizologique

Le jardin schizologique

7/01/2011
Année :
Img 2010
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Img Adulte
Titre :
Img Le jardin Schizologique
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Le Jardin Schizologique est un recueil dirigé par Olivier Noël sorti en même temps que Ceux qui nous veulent du bien. On y retrouve les auteurs réguliers de La Volte, qui édite ce présent recueil. Les deux recueils se ressemblent beaucoup, seule la couleur (grise pour CQNVDB, et noire pour le Jardin) change véritablement. Je trouve le Jardin encore plus classe que CQNVDB.

Couverture intérieure du Jardin Schizologique

Ce livre m’attirait beaucoup, de par le mystère qui l’entourait quand à son contenu, dont on se fait une idée approximative grâce au titre et au résumé, et qui promettait beaucoup. Finalement… j’ai bien aimé, pas toutes les nouvelles malheureusement, mais c’est plutôt normal dans un anthologie, mais dans l’ensemble, ça allait.

Innervée, la nuit était féale aux urgences tactiles. Juste allégation mais aussi intuition sereine : évitant toute introduction qui utiliserait et trahirait en retour une nécessité si usuelle – jolie écervelée, tentée car authentiquement religieuse -, une nonne excitée priait et rougissait sans oser nier ni aimer l’irrépressible torpeur érotique déployée en polissant assidument son sexe émoustillé. Toutefois, oubliant une jouissance ou une récompense si libératrice, elle se laissait masturber innocemment, tremblante et soumise, dans une nouvelle et craintive assiduitétorpide. Effarante gloriole onaniste, risible intensité expiatoire.

Au niveau du style, je n’ai rien à dire, pas dans le sens où le style est banal, non, juste que je n’ai pas remarqué de nouvelle mal écrite ou sans personnalité. Toutes les nouvelles sont très bien écrites, je ne me suis pas ennuyé du tout pendant cette lecture, j’étais vraiment sous le charme du style des différents auteurs.

Quant à moi, fidèle à ma posture, je me contente d’halluciner continûment et de rire aux larmes.

 

Elle joue à être moi : poupée de givre, poupée de sang. Dans l’espace au-delà du miroir, je la vois toucher aux livres, aux meubles, aux bibelots, pour en apprivoiser la forme et la texture.

En fait, là où le bât blesse, c’est au niveau de la complexité de l’histoire. Complexité dans le sens de difficiles à comprendre. La majorité des nouvelles est chaotique. C’est bel et bien le sujet, je me représente la schizophrénie comme un immense chaos, un océan aux vagues immenses et où le vent, traitre, nous emmène sans effort au large et où aucune lutte n’est possible, et c’est bien comme cela qu’elle est représentée dans certaines des nouvelles, mais parfois, le chaos est trop intense, trop… chaotique. Ce qui rend la lecture très difficile, on se voit parfois lire plusieurs fois le même paragraphe d’une nouvelle parce qu’on se demande si on a pas loupé quelque chose. Il faut le dire : Il y a des moments où je n’ai absolument rien compris à ce qui se passait, ce qui a eu pour conséquence une incompréhension partielle de certaines des nouvelles. Alors peut-être que c’est seulement à cause de mon cerveau trop faible pour comprendre ce qu’on voulait nous dire, c’est fortement possible, mais je préfère me dire (vanité quand tu nous tiens) que ce n’est pas de ma faute, alors je le dis.

- Mais j’ai tout le temps peur. J’arrive pas à dormir. Dès que je ferme les yeux, je revois Roderic. Il grimaçait comme le diable. De son pantalon, il avait sorti une… une espèce de saucisse… monstrueuse !
- Ça n’a aucun rapport. Vous voyez bien, elle a tout compris de travers : elle a huit ans à peine !
Et Isa, elle pleurait, elle disait que non, qu’elle voulait pas, qu’il avait pas le droit. Mais lui, il s’en fichait. Il lui a déchiré sa robe. Et elle s’est mise à crier, avec des sanglots terribles. Alors il lui a mis ce truc entre les cuisses. Et elle a poussé un cri aigu… Si aigu…
- Chut, chut, Petite Muguet… C’est fini maintenant. C’est fini…
Non ! C’est pas fini. Ce sera jamais fini. Il revient toutes les nuits. Il m’écarte les jambes avec cet affreux machin. Ha !… Et il me l’enfonce dans le ventre. Haaa ! Et moi je veux pas ! Je veux pas ! Ooooh !…

Et pourtant, j’en ressors avec un assez bon souvenir, mitigé certes, mais malgré tout tendant vers le bon, car j’ai aimé lire ce recueil. Beaucoup des nouvelles sont fortes, au message très subtil et pourtant très touchant. Je crois que dans ce recueil, le mot schizophrénie n’est pas employé une seule fois. Tout est subliminal, on ne comprend pas de suite ce qui se passe, et parfois, il ne se passe pas beaucoup de choses, car — faut-il le rappeler ? — les auteurs abordent la schizophrénie, maladie mentale. La plupart du temps donc, on suit la réflexion d’une personne, s’exprimant souvent avec plusieurs voix, et l’effet est très réussi.

Si votre employeur vous fait appeler et vous félicite pour votre rendement, répondez-lui d’une façon insultante, puis giflez-le.

Une oeuvre originale donc, malgré le fait qu’il soit difficile, en tout points, et donc difficilement recommandable. Je ne peux pas le conseiller, mais ce n’est pas pour autant que je le déconseillerais. Si vous souhaitez le lire, j’aurais également à vous souhaiter une bonne lecture… mais aussi bon courage !

Sam, c’est mon fils. Il a eu trois ans bientôt. Je suis son vrai père, je l’ai adopté.

 

Postillons intempestifs, perruques inconvenantes, anachronismes revendiqués : déclencheurs d’hilarités sporadiques.

Merci à Babelio pour m’avoir envoyé ce livre lors d’une de leurs opérations Masse Critique, et sur  lequel je n’ai que trop tardé à donner mon avis !

Au revoir, Monsieur… Vous sur une rive, nous sur l’autre, nous resterons des étrangers. Absolus, inconciliables… Dieu lui-même ne pourrait y remédier.

 


-ken-scholes-lamentation

Lamentation de Ken Scholes

5/01/2011
Posté par Ben (Zedd), dans Livres
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Img Lamentation
Tome :
1
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Me revoici après une longue absence pour vous faire par de mon avis sur Lamentation de Ken Scholes, premier tome des Psaumes d’Isaak. Commençons par un petit résumé ou plutôt synopsis !

Que dire ce livre ?

Je reste plutôt sceptique à propos de ce livre pour plusieurs raisons. D’une part d’après ce que j’en avais lu sur le net, il me paraissait très alléchant et de plus Bragelonne, l’éditeur, en avait fait un de ses « coups de coeur » et depuis qu’ils ont appelé Le Nom du vent un « coup de coeur » j’avais tendance à les suivre à ce niveau là. En outre, la couverture est bien réussie et la quatrième de couverture attirante. Bref rien qui puisse m’empêcher d’acheter ce bouquin. De plus je l’ai lu à une vitesse ahurissante (moins d’un jour) et je n’ai rien trouvé à l’intérieur qui puisse m’inciter à critiquer ce livre. Cependant j’ai ressenti un sentiment étrange en lisant ce livre je n’arrivais pas vraiment à rentrer totalement dedans, bien sur je suis rentré dedans vu que je l’ai fini en un jour mais quand même. Peut-être est-ce le fait que justement il se lise trop vite qui fasse qu’on a du mal à s’imprégner de l’histoire et du monde dans lequel on est censé rentrer. Bon trêve de de plaisanteries rentrons maintenant dans le vif du sujet.

Tout d’abord pour ce qui est de la forme, je suis encore sceptique. C’est bien écrit, mais justement on se rend compte que c’est très conventionnel. Je m’attendais à plus extravagant de sa part ou plutôt plus poétique comme un Rothfuss. En effet l’écriture ne prend pas le thème du livre en compte et on se rend compte que l’on a plus le droit à du Gemmell qu’à du Damasio. Bien que le Gemmell n’ait rien à prouver bien au contraire. C’est juste que c’est un peu du « déjà vu ». Le vocabulaire lui non plus n’est pas très fourni et n’a rien exceptionnel sans être pour autant très pauvre. En fait il n’y pas vraiment grand chose à dire sur l’écriture de Scholes elle n’est ni désastreuse ni fabuleuse. On note quand même la faiblesse des descriptions très peu présentes et pas forcément bien réussies et aussi l’absence d’un brin de poésie dans un univers nostalgique ce qui est quand même primordial à mon goût. De plus l’humour n’est pas au rendez-vous; un rien de narcissisme n’aurait pas pu faire de mal ou même d’humour noir. Pour ce qui est de la mise en forme du roman là aussi cela m’a laissé songeur. Au fil des chapitres, on suit une diversité de personnages qui pourraient être intéressants mais l’auteur passe trop vite de l’un à l’autre si bien que l’on a du mal soit à s’attacher aux personnages ou à essayer de les comprendre. Il se préoccupe beaucoup plus de l’histoire et de son intrigue ce qui va être l’objet de ma deuxième partie.

Pour ce qui est de l’histoire elle n’a rien non plus d’extraordinaire. On retombe dans de la Fantasy pure un peu à la Fiona McIntosh et il n’y a aucun mal à ça. Mais on s’attend quand même à mieux. En effet, l’auteur a trouvé un monde intéressant, avec des personnages qui le sont tout autant, mais descriptions et informations nous font cruellement défaut. D’une part toute l’histoire est basée sur la fin de l’Ancien Monde, où une catastrophe similaire à celle de Windwir l’a réduit en un désert inhospitalier, et l’on n’obtient au fur et à mesure que des brides d’information sur cette Histoire qui fait que l’ont à du mal à comprendre ce qui se passe ce qui s’est passé et pourquoi. De plus, un des thèmes principaux du livre est la bibliothèque de Windwir où était amassée tout le savoir du monde, il aurait été intéressant et judicieux de faire comme certains le font en début de chapitre de nous proposer des extraits de ces livres qui nous donneraient d’avantage d’information sur le monde dans lequel on est censé arriver. On sent vraiment que l’auteur se concentre surtout sur l’intrigue, mais il n’a rien d’un Martin ou d’une Hobb, ce qui fait que bien qu’il y arrive tant bien que mal cela laisse un trou béant aux autres niveaux. Les peuples sont pas forcement très approfondis, ou alors ils le sont dans la tête de l’auteur, les personnages ne sont pas assez expliqués et restent un peu dans l’ombre comme si on devait faire le travail à la place de l’auteur de se créer nos personnages et alors le monde même si certains ne peuvent supporter les descriptions à rallonge de Tolkien là on a le droit à quelques petites descriptions évasives.

Bon voilà ma critique et je sens que j’ai été un peu dur… Je pense que, même si il ne s’agit pas d’un chef d’oeuvre, on peut tout à fait l’aimer et dans un certain sens c’est mon cas et je lirais  le suivant mais il ne faut pas s’attendre à plus. Il s’agit en fait que de la pure fantasy pour se détendre, rien de très intellectuel ni de très original ou extravagant !


temps

La nuit des temps de René Barjavel

5/01/2011
Année :
Img 1968
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Img La nuit des temps
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La nuit des temps est un roman de René Barjavel, auteur français de science-fiction renommé que je découvre dans cette première lecture, j’en avais beaucoup entendu parler, et j’avais notamment entendu dire que son oeuvre avait vieilli avec le temps. Que dire à part que je ne l’ai pas du tout ressenti ?

Couverture chez Pocket

Tout commence et tout finit en Antarctique, où une exploration française découvre les traces d’une émission radio sous la glace. Débute alors une mission scientifique à la découverte du mystère. Ce qui n’était qu’une émission radio va se transformer rapidement en une aventure tenant en haleine le monde entier et remettant en cause toutes leurs croyances. Car l’on découvre des corps sous la glace, un homme et une femme, impeccablement conservés par une technologie supérieure à celle existante depuis des millions d’années. Ces deux personnes, par le récit de la femme que l’on décidera de réveiller en première et par le symbole qu’ils incarnent, vont bouleverser à jamais le monde.

La chaleur qui monte du trou fait ruisseler leurs visages.
L’écran est un écran pliable, accroché sous un parasol au bord d’une piscine à Miami. Un gros homme congestionné, vêtu d’un bikini minimum, allongé sur une balancelle au souffle d’un ventilateur, soupire et se passe sur la poitrine une serviette éponge. Il trouve qu’il est inhumain de montrer un tel spectacle à quelqu’un qui a déjà si chaud.

La première chose que l’on remarque lorsqu’on commence à lire ce livre, c’est que c’est beau. Barjavel a un style bien à lui, très imagé et poétique, et surtout très agréable à lire et qui s’accorde parfaitement avec l’histoire racontée. Je m’attendais à des évènements inexplicables et à des scientifiques se heurtant à des problèmes irrationnels, mais j’ai été étonné, car on passe d’une science-fiction sympathique dans notre monde, à, par à coups, une fantasy classique. Ça reste de la science-fiction, mais on a l’impression de lire de la fantasy, car on nous raconte une histoire se passant des millions d’années plus tôt, lorsque les deux corps découverts vivaient encore. Toujours accompagnés de ce style agréable, nous voyageons chez ce qui seraient nos ancêtres. Nous nous sommes toujours accordés sur le fait que nous étions à l’ère la plus évoluée de notre espère, mais Barjavel nous propose une fiction, belle et cruelle : et si toute la civilisation humaine, après s’être élevée très haut, plus haut encore que les humains vivant au 20ème siècle, avaient subi une catastrophe qui les avaient fait revenir à leur plus simple appareil ?

Tu avais compris. Comment était-ce possible ? Je n’avais pas compté, personne de nous ne comptait avec les facultés exceptionnelles de ton intelligence. Nous nous croyons à la pointe du progrès humain, nous sommes les plus évolués ! les plus affûtés ! les plus capables ! le brillant résultat extrême de l’évolution. Après nous, il y aura peut-être, il y aura sans doute mieux, mais avant nous, voyons, ce n’est pas possible ! Malgré toutes les réalisations de Gondawa que tu nous avait montrées, il ne pouvait pas nous venir à l’esprit que vous nous fussiez supérieurs. Votre réussite ne pouvait être qu’accidentelle. Vous nous étiez inférieurs puisque vous étiez avant.

Barjavel signe là une oeuvre originale qui s’inscrit dans une volonté de mettre en garde contre la technologie et qui essaie d’inciter à l’écologie. On aborde également la médiatisation et la mondialisation, et les contraintes qu’elles apportent, la barrière de la langue… Mais j’ai préféré tout simplement prendre ça comme une jolie histoire, très bien racontée, souvent triste, mais aussi joyeuse, qui aborde beaucoup de points, pas forcément importants ni même intéressants, mais toujours dans l’intérêt de l’histoire, qui l’embellissent à leur tour. L’amour, la haine, tous les sentiments sont présents, tout en restant éloignés du classique. C’est simple, sans être classique.

J’ai fait venir des roses.
Tu as cru que cela aussi nous le mangions…

Sans artifice et d’une beauté poétique, ce roman permet de réellement rêver, que ce soit sur le monde, sur l’homme ou sur ce qui se trouve au-delà. Il nous incite à renier toutes les certitudes scientifiques que nous avons car elles entravent notre imagination, et à les remplacer par d’autres pour un temps du moins, le temps de s’évader.


couv

Le Diapason des mots et des misères de Jérôme Noirez

15/12/2010
Année :
Img 2009
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Img Le Diapason des mots et des misères
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Couverture du recueil

Diapason : Note de référence dont on se sert pour accorder un instrument ou des voix.
Source : L’internaute

Le diapason des mots et des misères est un recueil de sons, d’images, de sentiments, souvent contradictoires. C’est un recueil qui donne la nausée, mais c’est une nausée dont on ne peut pas se passer, qu’on aime avoir. C’est de l’horrible raconté avec beauté, le beau mélangé au laid, un mélange de sons contraires qui fusionnent pour former une musique parfaitement rythmée : Le diapason des mots et des misères.

Mais plus il en vient, plus il y en a, et plus les sons se dissolvent dans une sorte d’indifférence grise, détimbrée. Ras bords… À la fin, une corde unique, une note unique. Assis sur mon lit, le fil entre mes genoux, je m’écoute la chanter. En définitive, c’est comme du silence.
Le diapason des mots et des misères.
C’est moi.

C’est du banal raconté avec style, l’intérêt même des nouvelles ne résidant souvent pas dans ce qui est raconté, mais dans la façon dont c’est raconté. Car oui, le diapason, c’est du style pur, couché sur le papier. Ce sont des images qui nous donnent envie de fermer les yeux et de les laisser ouvert, de boucher nos oreilles sans toutefois filtrer tous les sons qui y parviennent. Lire le diapason, c’est avaler de la bile et aimer ça, mais prétendre avoir détesté pour ne pas avoir l’air malsain.

Du plat de sa main gauche, il soulève sa verge, et ses doigts poussent ses bourses vers l’avant. Ses testicules ont pris une couleur de figue mûre. Déjà, ils ne lui appartiennent plus. Les fruits du diable ! Il place le tranchant du rasoir sous le garrot de cuir.
[…]
 » Tranche !  »
Un geste. Rien de plus. Ni emphase ni labeur. La lame glisse contre le garrot.
Et ça tombe dans la paille. Presque pas de sang. La douleur, elle, ce n’est pas une douleur, plutôt un vertige, quelque chose qui saisit le corps tout entier, l’emporte.

Car les nouvelles sont vraiment terribles, ce recueil est un réel concentré des horreurs que l’on peut rencontrer sur notre planète. On y trouve vraiment de tout, la pauvreté, le fanatisme, ce que l’on pourrait appeler la recherche de la déchéance, bien que ce soit seulement une autre philosophie de vie, la pédophilie, encore une fois, longuement et bizarrement abordée dans une des nouvelles, et très brièvement dans un des contes pour enfants morts-nés, ou encore la schizophrénie… Tout cela abordé d’une façon dérangeante et pénétrante, qui nous parle. Comme une voix qui murmure à l’oreille des mots indécents.

Dans l’attente, Ayoko ajuste son souffle, car elle souhaite que la balle la frappe à la fin d’une expiration, pour qu’aucun bruit incongru ne retentisse dans son trépas, un hoquet disgracieux lorsque l’air se bloque dans la trachée, une flatulence quand un poumon percé se dégonfle en bavant de grosse bulles rosées.

Toutefois, les histoires racontées ne sont pas proprement le plus intéressant en elles-même, à vrai dire, il ne s’y passe pas grand-chose, l’action n’est pas ce que nous propose Noirez. Les nouvelles ne prennent d’intérêt que dans leur tout, chaque mot, chaque expression et chaque phrase comptent.

Ayako est seule, seule avec la mort injuste, dans les grumeaux d’ombre d’un pas meublé pas tout à fait sordide, mais bien misérable néanmoins. Ça a beau parler, bruire, tambouriner, de tous côtés, chanter autour d’elle, ça a beau posséder les apparences de la vie, c’est juste le bruit blanc de la solitude.

Mais tout cela ne va pas seul, sinon, il ne nous resterait plus qu’à prendre des cachets et à mourir. Noirez allie l’humour à ses nouvelles, l’entrelace avec perfection à l’intérieur. Cet humour particulier, toujours très noir, donne une nouvelle dimension aux nouvelles, une autre couleur, en demi-teinte. Elle nous font pleurer et nous font rire en même temps, et on s’étonne de réagir de la sorte.

Et puis y’a pas mort d’homme, malgré les apparences… Bon… elle est mignonne, cette Fanny… C’est vrai, j’ai constaté… Alors, entre deux battues, entre deux dictées de notes, bon… Un petit nichons, un petit cul, la main s’égare. On peut être prof de solfège, mais pas moins homme, c’est vrai… Je comprends… Je vais te dire, la fille de Tignard, celle qui redouble sa quatrième parce que la moitié de ses profs sont morts, ce qui fait que les cours, c’est plutôt pour les asticots. Bon… Gisselaine, elle s’appelle Gisselaine, deux trois fois, ma pauvre main a frôlé le fruit interdit… De l’attouchement subliminal pour ainsi dire… Toi, faut avouer, t’as abusé pour de vrai. On a la déposition ! Petit père, c’est pas dans l’egarement d’une chaude nuit d’été… C’est toutes les semaines depuis six mois. Bon… Elle dit qu’elle était consentante, mais tu sais bien que ça, c’est du vent. Va falloir t’expliquer, sérieusement, et t’appliquer, bien en rythme, staccato… En attendant, l’histoire avec Gisselaine, ça reste entre nous, hein ?

J’ai rarement vu un livre éveiller autant d’émotions de cette façon, et je l’ai déjà dit dans mon article sur Leçons du Monde fluctuant, avec Noirez, je sais pourquoi j’aime lire et pourquoi je préfère le format livre aux autres. C’est exactement pour vivre ce genre de sensations que je lis, et Noirez arrive à me donner ce plaisir que j’attends de la lecture. C’est réellement l’auteur que j’ai découvert cette année que je compte le plus découvrir. Je suis donc content d’avoir fait dédicacer ce livre aux Utopiales, c’est vraiment à lire, et je pense ne pas me tromper (de toute façon Catherine Dufour le dit dans la postface) en disant que dans le Diapason, on retrouve du concentré de tout ce dont est capable Noirez, et ça donne envie !

Ma dédicace :D


Couverture du Maître des Dragons

Le Maître des Dragons de Fabrice Colin

7/12/2010
Année :
Img 2008
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Img Tous
Titre :
Img Le maître des dragons
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Le maître des dragons est un roman de Fabrice Colin, qui reprend l’histoire de La Malédiction d’Old Haven, un autre de ses romans (que je n’ai pas lu) mais du point de vue d’un autre des personnages principaux.

Autant le dire clairement et tout de suite, je n’ai pas aimé, et c’est pour cela que j’ai tant tardé à écrire cet avis. Il faut dire que j’ai pris ce livre sur un coup de tête, je voulais seulement un livre de Fabrice Colin avant les Utopiales, j’ai donc choisi un peu au hasard.

Il y a beaucoup d’éléments qui ont fait en sorte que je n’ai pas aimé, mais ce n’est pas à cause du style. Fabrice Colin écrit bien. Non, le problème de ce livre réside seulement dans l’histoire elle-même et le personnage principal, en clair, tout le reste.

Car pendant tout le livre, on a l’impression de connaître le personnage principal, malgré les zones d’ombre qui planent jusqu’à la presque toute fin. Mais de temps en temps, il change complètement de comportement, comme s’il était devenu un autre homme.

Il ne faut pas oublier le fait que ce roman reprend l’histoire de La Malédiction d’Old Haven, et donc que l’auteur a dû suivre la trame qu’il avait déjà écrite dans cet autre roman, mais le problème est, c’est en tout cas ce que je me suis dit pendant la lecture, que Thomas devait être une certaine personne dans La Malédiction d’Old Haven, mais qu’il ne l’a pas fouillée de la même façon dans Le Maître des Dragons et du coup, je l’ai ressenti à la lecture.

Le Maître des Dragons

Le Maître des Dragons

Mais ce n’est pas tout, c’est aussi le cas au niveau de la trame. Je ne peux qu’imaginer la difficulté d’adapter un roman en fonction d’un autre, mais il y a pour moi beaucoup trop de raccourcis gênants et flagrants, des raccourcis pris par l’auteur qu’on ne peut que remarquer. Je pense notamment à un passage où il y a une attaque de créatures bizarres, justement au moment où Thomas est en prison. J’ai trouvé ça un peu simple.

L’absence de logique dans certains des actes du personnage, renforce cette impression. Le personnage agit parfois à l’instinct et j’ai toujours eu du mal avec ce genre de comportement, qui me paraît un peu absurde et qui enlève tout d’une possible réalité du roman.

J’ai également eu du mal avec la fin très rapide, alors qu’on s’est habitués à un rythme très lent tout le reste du roman. Pour tout dire, je me suis même parfois demandé l’intérêt de certains passages…

Le titre également, j’ai toujours cherché le rapport entre le titre et le contenu du roman, autant vous le dire, si vous vous attendez à voir beaucoup de dragons, vous serez déçus comme je l’ai été, il y en a, certes, mais Thomas n’a rien d’un maître aux dragons, car il n’en côtoie véritablement qu’un seul, et pas longtemps.

Ce livre a sûrement certaines qualités, mais je reste franchement obnubilé par tout ce qui m’a dérangé. Je sais par contre qu’il a plu à certaines personnes, souvent qui avaient lu la malédiction d’Old Haven avant… J’aime pas descendre les livres de cette façon, parce qu’on dirait que ce livre n’a aucune qualité, mais ce qui ne me plaît pas peut plaire à d’autres.