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Les eBooks

12/02/2010

Papier électronique

Après avoir lu un article sur le prix généralement exagéré des eBooks, je me permets de donner mon avis sur un sujet assez délicat, en essayant d’adopter le point de vue lecteur et éditeur.

Les eBooks, pour ceux qui ne le savent pas et qui préfèrent en avoir une définition vulgarisée, sont aussi appelés livres électroniques. En gros, ce sont des écrits directement téléchargeables sur Internet, que l’on lit soit directement depuis son ordinateur, soit depuis un reader, dont le marché se développe ces temps-ci.

Ceux qui ont l’habitude d’acheter de la musique en ligne, que ce soit sur l’iTunes Store ou sur d’autres sites proposant le même service, voient directement les avantages d’un tel système, mais je vais quand même les détailler pour les autres.

  • Premièrement, les coûts d’édition sont réduits. Il n’y a pratiquement besoin que d’un correcteur, et d’un traducteur si l’on souhaite éditer un livre étranger. A la poubelle donc les imprimeurs et libraires.
  • Deuxième point qui résulte du premier. Tout le monde peut proposer son livre, du moment qu’il en a écrit un. Mais est-ce vraiment un avantage ? Est-ce que le fait qu’il n’y ait plus de tri dans la sélection des livres qui vont être édités ne va pas noyer les livres qui mériteraient le plus d’être lus ?
  • Troisième point, l’acheteur n’a pas à se déplacer pour acheter ses livres. Oui, c’est un motif de flemmard mais je n’y peux rien.
  • Aucun problème de stock et de réédition, les eBooks sont distribuables à l’infini.
  • Dernier point, mais non pas le moindre, le lecteur n’a pas à se soucier d’abimer ses livres, de les mouiller, etc. Son seul soucis est le fait qu’il puisse supprimer ses livres à tout moment. Mais il peut tout à fait en faire une sauvegarde.

Mais voilà, malgré ces gros avantages, qui, on ne peut le nier, sont plutôt alléchants, le reste ne suit pas. Parlons tout d’abord du prix. Vous vous imagineriez, comme moi, des prix avoisinant les 4€, voire moins, par unité, car il faut savoir que sur les 20€ d’un livre grand format, l’éditeur, l’état ainsi que l’imprimeur (et pourquoi pas le distributeur), prennent leur marge. Or, les prix sont parfois seulement inférieurs à 10% du livre physique ! A ce prix là, autant acheter la version papier, qu’on en ait au moins pour notre argent !
Les readers, elles, ne font pas non plus le poids. Si je prends le reader d’Amazon, le Kindle donc, est vendu à 259$. Vous imaginez vous investir dans un Kindle à 259$, pour pouvoir y lire des livres que vous achetez presque au même prix qu’un livre normal ? Ce ne serait pas rentable du tout.
Ensuite, il y a l’offre. En Anglais, cela peut encore aller, mais en Français, je n’ai rien trouvé ou presque. Quelques sites par ci par là, mais pas plus.

Pourquoi ça freine ?

Cela freine à cause de plusieurs acteurs : Les libraires, qui en auraient presque peur, les éditeurs, et certains lecteurs.

  • Les libraires n’en veulent pas, c’est clair et net. En effet, quels sont les avantages pour ces commerçants qui souvent ont déjà bien du mal à tenir en vendant leurs livres ? Il n’y en a aucun, que des inconvénients, et si l’eBook se développe, nul doute qu’il sera la cause de nombreuses fermetures de librairies.
  • Les éditeurs sont réticents pour plusieurs raisons : Tout d’abord, ils ne veulent pas voir apparaitre le même piratage à haute dose qu’il y a dans le marché de la musique ou des films. Ils en ont peur aussi, et c’est facilement compréhensible. Maintenant, l’évolution est, je pense, tellement inévitable avec le prochain nouvel acteur du marché (iPad), qu’ils seront bien obligés de faire avec si ils ne veulent pas se faire engloutir. Les éditeurs sont aussi généralement des passionnés de lecture ou d’écriture, et pour ces raisons, ils ont un attachement particulier aux livres papiers et auront du mal à s’en défaire.
  • Les lecteurs, et ce sont surtout eux le problème je pense. Certains lecteurs n’ont pas envie de quitter le papier, ils aiment la sensation qu’il y a à tourner les pages, et ne voient pas l’intérêt de lire s’ils doivent le faire sur un écran. Il y a un autre paramètre à prendre en compte, l’écran fatigue l’œil beaucoup plus vite que le papier, et il faut investir dans un bon reader pour éviter légèrement ce désagrément.

Il est donc évident que les trois catégories doivent évoluer si le marché de l’eBook veut évoluer, l’un sans l’autre, cela ne marchera pas, il y en aura forcément un des deux qui se cassera la gueule.

Et pour le futur ?

Le nombre de readers évolue de façon exponentielle, ce qui prouve qu’il y a un marché certain de ce coté, maintenant, à quelle vitesse va t-il évoluer, mais surtout, comment ? Le principal acteur pour l’instant est le Kindle, mais l’iPad risque fort de chambouler l’ordre des choses, car ce reader qui en fait est une tablette tactile dotée de plusieurs fonctions dont la possibilité de lire des eBooks.

Avec la sortie de l’Apple iPad, a été annoncée l’ouverture d’un iBook Store. Si quelqu’un a les moyens de révolutionner ce marché, c’est bien Apple, qui l’a prouvé avec celui de la musique. Il n’y a qu’une seule façon de convaincre les lecteurs de se convertir au eBook, et c’est de baisser les prix. Je me suis donc « amusé » à calculer simplement la somme économisée si les eBooks sont vendus à 4€ en moyenne, lorsque l’on lit environ 35 livres par an et que l’on a fait l’acquisition d’un Kindle à 259€, sur une période de 5 ans. Je suppose que le lecteur achetait des livres papiers à 15€.

Avec des eBook, on a donc : prix du Kindle + (prix ebook x nombre ebooks) x nombre années = 259 + (4 x 35) x 5 = 959€.
Avec des livres papiers : (prix des livres x nombre de livres) x nombre années = (15 x 35) x 5 = 2625€.

Imaginez deux personnes. La première achète des livres papiers, la seconde achète des eBooks. La seconde personne paiera plus au début, c’est vrai, mais au bout de six mois, son reader sera amorti et il aura investi moins d’argent dans les livres que la première.

Il faudra donc encore attendre pour se fixer sur le sort des eBooks. Personnellement, je compte tenter, mais il me faut trouver un reader, car je n’ai pas vraiment envie d’investir dans une de ces machines si je trouve cela désagréable et que j’ai envie de retourner aux valeurs essaentielles. Car je fais partie des lecteurs qui aiment le papier, l’odeur des livres neufs ou vieux, etc…
Je serais beaucoup plus tenté par l’encre électronique, sur une feuille toute simple, qui offrirait les mêmes sensations que le vrai papier (à part qu’il n’y a toujours pas la couverture, la sensation de tourner les pages etc…). A voir donc !

Et vous, que pensez vous des eBooks, avez-vous envie d’essayer ?

Je pense qu’un jour j’investirais dans un lecteur de livre électronique qui utilise la technologie de l’encre électronique ! Normalement cette technologie devrait se développer avec l’arrivé de la couleur et du papier souple !
L’ipad c’est pour lire le journal, pas plus loin, et ça l’ipod le fait très bien !! A la limite pour les BD et les mangas l’ipad pourrait être bien, mais bon…
Maintenant il ne manque plus que l’offre française, on est toujours en retard :s.

A mon avis, ce n’est qu’une question de temps. Un nouveau produit qui arrive sur le marché est en règle général beaucoup plus cher qu’il pourrait l’être plus tard. Pourquoi ? Pour que les entreprises le rentabilisent au plus vite (on peut prendre l’exemple des clés USB qui par exemple, il y a 5 ans, une de 256 Mo coutait 30 euros. A présent, 30 euros est le prix d’une bonne 8 Go)). Ce sont tout d’abord les aficionados du matériel électroniques ainsi que les « fashion victims » qui en achèteront en premier, pour le plaisir ou pour être à la mode. D’ici 4-5 ans, je vois bien un prix de l’Ebook divisé par 2 (voir peut être plus).

Personnellement, j’adore avoir ma bibliothèque chez moi et j’aime (comme dit Julien dans son article), tourner les pages des livres. Donc j’achèterai un Ebook seulement quand je n’aurais plus le choix.

Non non, l’iPad ne servira pas qu’à lire le journal ! Il va carrément y avoir un store pour acheter des livres électroniques, l’iBook Store. Store qui deviendra rapidement je pense le plus grand qui existe…
Regarde ici : http://www.iphonegen.fr/forums/viewtopic.php?id=26830

oui, je n’ai pas d’iPad mais j’ai l’iPhone et l’iBook Store français est… vide.

Hello Barti!
Première fois que je visite ton blog, c’est donc l’occasion de féliciter les deux créateurs pour le design ma foi bien sympathique.

Maintenant, en ce qui concerne l’article, j’aimerais simplement revenir sur quelques uns de tes propos. Quand tu dis que les éditeurs sont des passionnés de littérature, il faut préciser que les grosses structures sont souvent plus motivés par le potentiel économique que la qualité intrinsèque du bouquin, même s’ils sont plus probablement arrivés dans le métier dans une logique de passionné que commerçante. Je rapporte seulement les propos des dirigeants de petites maisons d’éditions, comme Matthieu Echenay, dirigeant de La Volte, ou ceux du Belial’ et des Moutons Electriques.

Maintenant je vois un inconvénient des plus logiques dans les ebooks, c’est que la bibliothèque a disparu, au profit d’un disque dur. C’est quand même moins classe d’exposer un lecteur d’ebook à la place d’une bibli monstrueuse (bin ouais, sinon j’aurais jamais remplacé un pan entier de ma chambre par un meuble dédié, et maintenant c’est trop la classe). Et toutes ces couvertures, somptueuses pour la plupart, comme celle du Déchronologue (je sais que tu l’aimes celle-là), on ne pourrait plus les admirer. C’est peut-être futile, j’en conviens volontiers, mais c’est une des valeurs ajoutées du livre papier.

Maintenant, il faut avouer que l’ebook dispose d’un potentiel énorme, qui devrait certainement transcender l’expérience de lecture dans le futur. Par exemple, le numérique permet beaucoup de choses, et qui sait si l’on ne verra pas fleurir un jour des ebooks concepts, dans lesquels se glisseront quelques animations vidéos entrecoupant les chapitres, ou fond musical destiné à immerger le lecteur (des soundtracks de livres existent déjà, mais là on peut imaginer qu’elle seraient techniquement plus adaptées puisqu’elles suivraient le cheminement du lecteur). Ce ne sont pas forcément des trouvailles positives, puisqu’au premier degré elles modifient l’expérience première de la lecture, mais comme toujours, si l’implémentation fait que le texte est consubstantiel des artifices, ça ne peut qu’être positif. Peut-être qu’un jour lointain viendra où l’on trouvera dans une critique littéraire un passage ergotant de la qualité des effets spéciaux. Mais là mon côté conservateur s’exprime, et s’indigne d’une telle possibilité.

Et de toutes façons, les ebooks n’auront pas le temps d’avoir du succès : il suffit de lire Fahrenheit 451 pour voir qu’un jour prochain les livres cesseront d’exister, ce qui m’enlève une fabuleuse épine du pied me permettant de ne pas donner d’avis sur la question :P

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