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Couverture de la Volte

Le Déchronologue de Stéphane Beauverger

20/03/2010
Année :
Img 2009
Editeur :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img Le Déchronologue

Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles. Leur arme : leDéchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.
Qu’espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un gallion espagnol ? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l’impensable : un Léviathan de fer glissant dans l’orage, capable de cracher la foudre et d’abattre la mort !

Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d’aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l’Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait : qu’importe de vaincre ou de sombrer, puisque l’important est de se battre !

Le déchronologue est un roman écrit par un auteur Français, Stéphane Beauverger, que je ne connaissais pas mais que je vais bientôt bien connaître à mon avis car cette découverte s’est révélée être un gros coup de coeur. J’ai été attiré par ce livre grâce à 3 points essentiels :

  1. La couverture : Toute en douceur, floue, elle attire par son mystère, et quoique certains la trouveront un peu simple, je l’aime.
  2. Les prix : Le déchronologue a en effet gagné deux prix depuis sa sortie en mars 2010, et pas des moindres car il s’agit du Grand Prix de l’Imaginaire 2010 et du Prix Européen  des Utopiales 2010. D’habitude je n’y fais pas attention, mais cela va changer !
  3. La maison d’Edition : La Volte édite notamment Alain Damasio, dont j’ai très apprécié sa « Horde du Contrevent » (et quand je dis très apprécié, je modère mes propos, en fait, j’ai carrément adoré !).

Je m’attendais donc à quelque chose de bon, même si l’histoire en elle-même ne m’intéressait pas des masses. Il faut savoir que pour moi, le style de l’auteur compte énormément, peut-être même plus que l’intrigue, et que je suis prêt à lire un bouquin ignoblement stéréotypé tant que l’auteur écrit bien.

Ce n’est pas le cas du Déchronologue, d’ailleurs, je n’ai pas réussi à le classer, pour vous prouver à quel point ce bouquin est original. High Fantasy ? Science-Fiction avec l’Uchronie ? Je n’en sais strictement rien, et c’est peut-être mieux ainsi. Le déchronologue n’a de toute façon pas besoin d’être classé.

Tout d’abord, il faut dire qu’il porte extrêmement bien son nom, la lecture est très bouleversante, car elle ne suit aucun ordre chronologique, c’est tout juste s’il est logique. Je me suis longtemps demandé si il fallait le lire tel qu’il était écrit ou rechercher le chapitre suivant dans l’index. Donc futurs lecteurs du déchronologue, ce livre se lit bel et bien comme d’habitude (même si on a un gros doute tout au long de la lecture) !

Dans ce livre, on suit la vie du capitaine Villon, un flibustier Français comme il en existât au XVIIème siècle, même si aucun n’eut la vie qu’il menât. C’est étrange, car l’on passe, au premier chapitre, du commencement de sa carrière, à, au second, la fin de sa vie pratiquement. On revoit donc parfois des personnages morts plus tôt réapparaitre dans un chapitre suivant. Comment cela est-il possible ? Comment l’auteur parvient-il à donner une cohérence à son livre, si l’on assiste à la mort des personnages avant même de savoir ce que Villon et lui ont accompli ensembles ? Et bien c’est à la fois simple et compliqué. D’une part, il faut savoir qu’il y a très peu de personnages importants. Ça doit tourner autour de 6 voire 7. C’est peu mais cela suffit, car ce sont des personnages très complexes et très fouillés, qui même si leur nature nous révulse, si les erreurs qu’il commettent nous énervent, sont tout de même très intéressants et recherchés. Leurs réactions sont vraiment sensées et il paraissent humains. Ces 6 personnages là sont donc parfois brutalement introduits, mais ce n’est pas dérangeant car c’est généralement là qu’on en découvre le plus, et il n’est pas nécessaire de savoir comment Villon et lui se sont rencontrés ni ce qu’ils ont accompli ensemble avant que l’auteur ne nous le dise.

Couverture de la Volte

Autrement, ce livre est extrêmement intéressant d’un point de vue historique.  On en apprend beaucoup sur le langage des marins et sur la piraterie, et plus précisément la flibuste. Malgré les quelques rares passages un peu « sales » qui pourront rebuter certaines personnes (faut pas le lire quand on a une irrépressible envie de vomir là, c’est clair et net) mais qui m’ont personnellement beaucoup plu (j’ai des goûts bizarre mais je les assume :D ), je le conseillerais à tout ceux qui veulent en apprendre plus sur l’univers des océans et plus particulièrement des Caraïbes.

Par contre, il faut faire très attention, ce livre est bourré d’anachronismes. C’est impressionnant, déboussolant, original, et tout ce que vous voudrez, il n’empêche que c’est parfois très drôle de retrouver des baladeurs MP3, radios, ampoules électriques etc dans cet univers où le monde les accueille avec peur mais aussi envie, des gens qui prennent cela pour de la magie. Appelées maravillas, ces produits d’une autre époque arrivent dans ce siècle par le biais d’ouragans temporels. Le monde va mal, si mal que le temps lui-même se dégrade, s’enroule sur lui-même pour fusionner deux instants complètement différents.

Villon joue un rôle important dans ceci, en commençant par marchander ces maravillas, afin de devenir riche. Villon est un ivrogne complètement obsédé par ces nouvelles technologies, et notamment par les conserva (je n’ai pas réussi à deviner ce que c’était exactement, je sais seulement que cela sert à se nourrir ou à soigner) qui pour lui, seront d’un grand secours aux populations. Malgré son très gros penchant pour la boisson, on s’attache très vite à Villon, sûrement à cause des différentes épreuves très dures qu’il traverse, notamment ses mises à la diète régulières. Malgré cela donc, Villon va travailler à réparer le monde qui part complètement dans tous les sens, en envoyant ceux qui sortent de ces ouragans par le fond.

Je n’en dis pas plus donc sur l’intrigue générale, à part que même si ça parait complètement déjanté dit comme ça, ça reste vraiment « logique », si tant est que l’on puisse le qualifier de tel. En tout cas, ça confère une ambiance toute particulière au monde du roman d’incompréhension et de peur, très bien retranscrite par l’auteur dans son style bien particulier et agréable, qui sait prendre toutes les formes nécessaires. Il n’y a pas beaucoup de descriptions comme dans un Miéville, mais les quelques qui y sont sont, je n’irais pas à dire belles car ce qui est décrit est généralement dégoutant, mais en tout cas extrêmement efficaces et enflamment notre imagination.

En tout cas, c’est un très bon livre que, même si je ne le recommanderais pas avant de connaître précisément les goûts des gens, je recommande à tout ceux qui veulent lire de la Fantasy originale. En tout cas, si vous avez aimé Perdido Street Station et la Horde du Contrevent, il est très probable que vous aimiez celui-ci, qui réunit certains aspect des deux.

La Volte ne m’a pas déçu et je vais farfouiller du côté de leurs bouquins je pense, j’ai comme l’impression qu’ils ont de très fortes exigences qui promet une qualité extrême.

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