Comment aurais-je pu passer à coté de cette oeuvre majestueuse ? La Horde du Contrevent, qu’on le sache, est mon livre préféré, juste avant Perdido Street Station.

Que dire de la Horde du Contrevent ? C’est un livre unique, un véritable chef-d’oeuvre !

Je vais commencer par le plus spectaculaire, le style de l’auteur ! C’est très spécial, sauvage, naturel et puissant ! La façon dont l’auteur passe d’un point de vue à l’autre, dont il change sa façon d’écrire pour s’adapter à celle de penser des personnages… C’est impressionnant. Golgoth avec son langage un peu cru et vulgaire, Caracole avec ses phrases fantasques et ses jeux de mots à tout bout de champ, Sov, très humble, intelligent et tellement normal en fait, Pietro, Alme, Aoi, Erg… Tous existent, tous ont leurs propres affinités et leur propre caractère, je n’avais jamais vu quelque chose d’aussi prononcé que dans la Horde…
J’ai été, comme tout le monde, bouleversé au début, par le vocabulaire technique qu’emploient les personnages, les noms des différentes formes de vent, les ordres qui existent, les technologies… Bref, surpris par le monde entier, si bien décrit, si vivant !
On suit donc la Horde, composée d’une vingtaine de personnes au début, puis, au fur et à mesure de leur quête vers l’extrême-Amont, les rangs commencent à s’éclaircir… L’auteur ne cherche pas à atténuer la cruauté de certains de ses personnages, ce à quoi ils sont parfois poussés à faire, leurs sautes d’humeur, ni rien…

Couverture de la Horde du Contrevent chez Folio SF

Tous les personnages sont attachants, j’ai pleuré sur ce livre, à la mort parfois si cruelle (surtout quand elles sont racontées par Golgoth, t’as envie de le baffer celui-là des fois) de mes personnages préférés, l’auteur n’hésite pas d’ailleurs à les faire mourir… De toute façon, si il n’y avait aucun mort, ce serait incompréhensible après ce qu’ils traversent…
Dans ce livre, tout est action, les passages un peu mous ne sont seulement pas relatés, ils sont sautés et on passe aux passages importants après un bref résumé…
Ce bouquin est émotion et originalité, c’est tout. Si vous voulez vivre un bouquin, c’est bien celui-ci qu’il faut lire, passé les 50 premières pages où l’on tente de mémoriser à qui les symboles correspondent, de comprendre les mots techniques et de se faire au style très particulier, c’est vraiment un pur bijou ! C’est le premier livre qui me viendra à l’esprit quand on me demandera un conseil sur un livre à lire. Je n’ai rencontré aucun grand stéréotype de la Fantasy, ce qui grandit encore cette oeuvre.
Le pire, c’est que je suis « fier » de ce livre, parce que j’ai l’impression qu’il nous est réservé, à nous français ou très bons francophones. C’est juste un chef-d’oeuvre de la langue, les jeux de mots, les expressions sont trop présentes pour que le livre ne perde pas à la traduction, il y a tout un passage ou un membre de la horde participe à une épreuve de langue ! C’est tout simplement impossible à traduire ou alors très compliqué et je ne souhaite pas être le traducteur qui devra réinventer ce qu’a fait l’auteur ! D’ailleurs ce passage est un de mes favoris, c’est là qu’on apprécie vraiment le style de Damasio et sa connaissance du Français, ainsi que les réactions des personnages (Golgoth m’a bien fait rire sur ce coup ^^).
Un professeur de Français vous a t’il déjà dit que la Fantasy, c’est pas bon ? Moi oui, et j’ai enfin une oeuvre de Fantasy que je pourrais lui renvoyer à la face, que je lui apporterais et qui lui fera revoir ses préjugés, car c’est une oeuvre où la magie n’est pas vraiment présente, ou en tout cas, où la magie n’est pas vraiment la magie telle qu’on la connait généralement, la magie est en fait une des 9 formes du vent (le vent serait en fait à l’origine de tout, même de l’air), et tout est si bien expliqué qu’on pourrait presque y croire.

Si vous devez lire quelque chose, lisez ça, vous ne pouvez pas être déçus !

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