Immortel (ou Immortal en V.O.) est un livre sortit en 2008 aux Etats-Unis. En fin 2009, les éditions de l’Atalante ont eu l’intelligence de faire traduire ce roman et de le publier au grand bonheur des lecteurs qui malheureusement ne sont pas si nombreux que cela. Je m’étendrais donc sur le bouquin, que j’ai reçu grâce aux critiques collectives que mène Julien sur Livres Fantastiques, plus tard. Pour l’instant que diriez-vous d’un petit aperçu de l’histoire ?!

C’est dans un cahier, offert par l’illustre Dante, que Luca Bastardo, notre héros, nous conte son existence à l’heure fatidique de sa mort.

Luca n’a néanmoins pas eu une vie des plus banales. Enfant des rues et orphelin, Luca essaie de vivre du mieux possible dans cette ville plutôt dangereuse qu’est la Florence du XVième siècle. Ce jeune garçon, au physique des plus majestueux, se débrouille bien comme il peut pour survivre que ce soit par la mendicité, le vol ou bien en profitant de la bonté de certains riches dignitaires florentins.

Un jour, alors qu’il vaque à ses occupations avec ses amis Paolo et Massimo, il est repéré par un grand peintre florentin de cette époque qui n’est autre que Giotto ; une admiration partagée nait entre ces deux personnages, Giotto allant jusqu’à représenter Luca sur une de ses fresques de l’église Santa-Cruze. Quelques temps plus tard il est également repéré par Bernardo Silvano pour sa beauté. Celui-ci est le propriétaire d’un lupanar (bordel), et manigance un stratagème pour le faire rentrer comme une sorte de prostituée pour les hauts dignitaires florentins qu’ils soient laïques ou religieux. Luca se fait prendre au piège, il est donc obligé de se prostituer sous peine d’être battu presque à mort. Sa beauté fait alors de lui un des gigolos les plus réputé de la ville et son éternelle jeunesse ne fait que d’attiser haines et questionnements, notamment le sien.

C’est à partir de cela que toute la vie de Luca Bastardo est basée. Il deviendra mercenaire, marin, physico (médecin), alchimiste. Il rencontrera des personnages comme Botticceli, Léonard de Vinci, Laurent le Magnifique et bien d’autres. Il restera jusqu’au jour où la vie n’aura plus eu de sens pour lui.

Ce livre est un roman historique et il faut vraiment le savoir avant de se lancer dans « l’aventure » car cela n’est pas vraiment explicite au regard des premières pages du livre. En effet Luca est immortel mais cela reste le seul élément « hors norme » de l’histoire, il est beau mais pas pour autant doué d’une intelligence hors du commun.

Parlons tout d’abord de l’histoire. Le récit est plutôt bien structuré, il oscille entre passages d’action, de dialogues, de descriptions, et de réflexions philosophiques, tout est donc bien proportionné. En soi l’histoire est assez banale mais c’est dans son cadre qu’elle se distingue, les paysages divers, allant des campagnes luxuriantes de la toscane aux bas fonds de Florence en passant par les palais Médicis pour finir sous le dôme de la cathédrale Santa Maria Del Fiore, sont à vous couper le souffle.

L’action reste haletante même si l’auteur marque des pauses et c’est pour cela que je pourrais critiquer ce livre. En effet l’action est quand même bien présente dans ce bouquin cependant les passages plus descriptifs ne vont pas capter l’attention je veux dire par là que quelqu’un qui ne s’intéresse pas forcement à l’histoire de cette époque et de Florence car c’est pratiquement le seul point abordé risque de s’embourber dans le bouquin et de ne pas avoir envie de continuer à lire le livre. De plus on peut reprocher à l’auteur d’attendre un peu trop dans le récit pour énoncer les sujets les plus importants de l’histoire.

Là où le lecteur trouve son compte c’est dans les personnages. Bien qu’ils soient pour la plupart de réelles personnalités, l’auteur est arrivé à diversifier le type des personnages certains nous apparaitront mystérieux, drôles, macabres, touchants, sévères, impitoyables, lamentables, haineux, bref vous ressentirez tout un tas de sensations que vous ne retrouverez pas dans un Brisingr ou dans l’Epée de Vérité.

Je parlais tout à l’heure de débats philosophiques ! Et bien oui vous aviez bien lu ! Il s’agit de l’un des gros avantages de ce livre ; d’une part parce qu’ils restent compréhensibles par le commun des mortels comme moi et d’autres part parce qu’ils touchent beaucoup de sujets encore d’actualité comme l’éducation l’art la mortalité et donc bien évidemment la religion et d’autre qui ne le sont plus du tout mais qui font tout de même réfléchir avec la question de l’essence de Dieu et de l’existence d’un « dieu rieur ».

Au niveau de l’histoire ce livre porte donc au final beaucoup d’intérêt avec tout de même ce petit bémol concernant l’attention du lecteur au début du livre et à certains autres endroits.

Quant à la forme je n’ai pas grand chose à dire à part que c’est vraiment impressionnant. Le style est parfait, le vocabulaire très varié. Peu être que l’on peu avoir un peu de mal avec la multitude de mot en italiens mais c’est vraiment mineur.

J’ai donc vraiment apprécié ce livre et j’ai bien pris mon temps d’ailleurs c’est pourquoi je m’en excuse auprès de Julien. Il se lit vraiment aisément et cela fait vraiment du bien de retourner un peu de temps en temps à du « one-shot ».

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