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La nuit des temps de René Barjavel

5/01/2011
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Img La nuit des temps
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La nuit des temps est un roman de René Barjavel, auteur français de science-fiction renommé que je découvre dans cette première lecture, j’en avais beaucoup entendu parler, et j’avais notamment entendu dire que son oeuvre avait vieilli avec le temps. Que dire à part que je ne l’ai pas du tout ressenti ?

Couverture chez Pocket

Tout commence et tout finit en Antarctique, où une exploration française découvre les traces d’une émission radio sous la glace. Débute alors une mission scientifique à la découverte du mystère. Ce qui n’était qu’une émission radio va se transformer rapidement en une aventure tenant en haleine le monde entier et remettant en cause toutes leurs croyances. Car l’on découvre des corps sous la glace, un homme et une femme, impeccablement conservés par une technologie supérieure à celle existante depuis des millions d’années. Ces deux personnes, par le récit de la femme que l’on décidera de réveiller en première et par le symbole qu’ils incarnent, vont bouleverser à jamais le monde.

La chaleur qui monte du trou fait ruisseler leurs visages.
L’écran est un écran pliable, accroché sous un parasol au bord d’une piscine à Miami. Un gros homme congestionné, vêtu d’un bikini minimum, allongé sur une balancelle au souffle d’un ventilateur, soupire et se passe sur la poitrine une serviette éponge. Il trouve qu’il est inhumain de montrer un tel spectacle à quelqu’un qui a déjà si chaud.

La première chose que l’on remarque lorsqu’on commence à lire ce livre, c’est que c’est beau. Barjavel a un style bien à lui, très imagé et poétique, et surtout très agréable à lire et qui s’accorde parfaitement avec l’histoire racontée. Je m’attendais à des évènements inexplicables et à des scientifiques se heurtant à des problèmes irrationnels, mais j’ai été étonné, car on passe d’une science-fiction sympathique dans notre monde, à, par à coups, une fantasy classique. Ça reste de la science-fiction, mais on a l’impression de lire de la fantasy, car on nous raconte une histoire se passant des millions d’années plus tôt, lorsque les deux corps découverts vivaient encore. Toujours accompagnés de ce style agréable, nous voyageons chez ce qui seraient nos ancêtres. Nous nous sommes toujours accordés sur le fait que nous étions à l’ère la plus évoluée de notre espère, mais Barjavel nous propose une fiction, belle et cruelle : et si toute la civilisation humaine, après s’être élevée très haut, plus haut encore que les humains vivant au 20ème siècle, avaient subi une catastrophe qui les avaient fait revenir à leur plus simple appareil ?

Tu avais compris. Comment était-ce possible ? Je n’avais pas compté, personne de nous ne comptait avec les facultés exceptionnelles de ton intelligence. Nous nous croyons à la pointe du progrès humain, nous sommes les plus évolués ! les plus affûtés ! les plus capables ! le brillant résultat extrême de l’évolution. Après nous, il y aura peut-être, il y aura sans doute mieux, mais avant nous, voyons, ce n’est pas possible ! Malgré toutes les réalisations de Gondawa que tu nous avait montrées, il ne pouvait pas nous venir à l’esprit que vous nous fussiez supérieurs. Votre réussite ne pouvait être qu’accidentelle. Vous nous étiez inférieurs puisque vous étiez avant.

Barjavel signe là une oeuvre originale qui s’inscrit dans une volonté de mettre en garde contre la technologie et qui essaie d’inciter à l’écologie. On aborde également la médiatisation et la mondialisation, et les contraintes qu’elles apportent, la barrière de la langue… Mais j’ai préféré tout simplement prendre ça comme une jolie histoire, très bien racontée, souvent triste, mais aussi joyeuse, qui aborde beaucoup de points, pas forcément importants ni même intéressants, mais toujours dans l’intérêt de l’histoire, qui l’embellissent à leur tour. L’amour, la haine, tous les sentiments sont présents, tout en restant éloignés du classique. C’est simple, sans être classique.

J’ai fait venir des roses.
Tu as cru que cela aussi nous le mangions…

Sans artifice et d’une beauté poétique, ce roman permet de réellement rêver, que ce soit sur le monde, sur l’homme ou sur ce qui se trouve au-delà. Il nous incite à renier toutes les certitudes scientifiques que nous avons car elles entravent notre imagination, et à les remplacer par d’autres pour un temps du moins, le temps de s’évader.


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Le Diapason des mots et des misères de Jérôme Noirez

15/12/2010
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Img Le Diapason des mots et des misères
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Couverture du recueil

Diapason : Note de référence dont on se sert pour accorder un instrument ou des voix.
Source : L’internaute

Le diapason des mots et des misères est un recueil de sons, d’images, de sentiments, souvent contradictoires. C’est un recueil qui donne la nausée, mais c’est une nausée dont on ne peut pas se passer, qu’on aime avoir. C’est de l’horrible raconté avec beauté, le beau mélangé au laid, un mélange de sons contraires qui fusionnent pour former une musique parfaitement rythmée : Le diapason des mots et des misères.

Mais plus il en vient, plus il y en a, et plus les sons se dissolvent dans une sorte d’indifférence grise, détimbrée. Ras bords… À la fin, une corde unique, une note unique. Assis sur mon lit, le fil entre mes genoux, je m’écoute la chanter. En définitive, c’est comme du silence.
Le diapason des mots et des misères.
C’est moi.

C’est du banal raconté avec style, l’intérêt même des nouvelles ne résidant souvent pas dans ce qui est raconté, mais dans la façon dont c’est raconté. Car oui, le diapason, c’est du style pur, couché sur le papier. Ce sont des images qui nous donnent envie de fermer les yeux et de les laisser ouvert, de boucher nos oreilles sans toutefois filtrer tous les sons qui y parviennent. Lire le diapason, c’est avaler de la bile et aimer ça, mais prétendre avoir détesté pour ne pas avoir l’air malsain.

Du plat de sa main gauche, il soulève sa verge, et ses doigts poussent ses bourses vers l’avant. Ses testicules ont pris une couleur de figue mûre. Déjà, ils ne lui appartiennent plus. Les fruits du diable ! Il place le tranchant du rasoir sous le garrot de cuir.
[…]
 » Tranche !  »
Un geste. Rien de plus. Ni emphase ni labeur. La lame glisse contre le garrot.
Et ça tombe dans la paille. Presque pas de sang. La douleur, elle, ce n’est pas une douleur, plutôt un vertige, quelque chose qui saisit le corps tout entier, l’emporte.

Car les nouvelles sont vraiment terribles, ce recueil est un réel concentré des horreurs que l’on peut rencontrer sur notre planète. On y trouve vraiment de tout, la pauvreté, le fanatisme, ce que l’on pourrait appeler la recherche de la déchéance, bien que ce soit seulement une autre philosophie de vie, la pédophilie, encore une fois, longuement et bizarrement abordée dans une des nouvelles, et très brièvement dans un des contes pour enfants morts-nés, ou encore la schizophrénie… Tout cela abordé d’une façon dérangeante et pénétrante, qui nous parle. Comme une voix qui murmure à l’oreille des mots indécents.

Dans l’attente, Ayoko ajuste son souffle, car elle souhaite que la balle la frappe à la fin d’une expiration, pour qu’aucun bruit incongru ne retentisse dans son trépas, un hoquet disgracieux lorsque l’air se bloque dans la trachée, une flatulence quand un poumon percé se dégonfle en bavant de grosse bulles rosées.

Toutefois, les histoires racontées ne sont pas proprement le plus intéressant en elles-même, à vrai dire, il ne s’y passe pas grand-chose, l’action n’est pas ce que nous propose Noirez. Les nouvelles ne prennent d’intérêt que dans leur tout, chaque mot, chaque expression et chaque phrase comptent.

Ayako est seule, seule avec la mort injuste, dans les grumeaux d’ombre d’un pas meublé pas tout à fait sordide, mais bien misérable néanmoins. Ça a beau parler, bruire, tambouriner, de tous côtés, chanter autour d’elle, ça a beau posséder les apparences de la vie, c’est juste le bruit blanc de la solitude.

Mais tout cela ne va pas seul, sinon, il ne nous resterait plus qu’à prendre des cachets et à mourir. Noirez allie l’humour à ses nouvelles, l’entrelace avec perfection à l’intérieur. Cet humour particulier, toujours très noir, donne une nouvelle dimension aux nouvelles, une autre couleur, en demi-teinte. Elle nous font pleurer et nous font rire en même temps, et on s’étonne de réagir de la sorte.

Et puis y’a pas mort d’homme, malgré les apparences… Bon… elle est mignonne, cette Fanny… C’est vrai, j’ai constaté… Alors, entre deux battues, entre deux dictées de notes, bon… Un petit nichons, un petit cul, la main s’égare. On peut être prof de solfège, mais pas moins homme, c’est vrai… Je comprends… Je vais te dire, la fille de Tignard, celle qui redouble sa quatrième parce que la moitié de ses profs sont morts, ce qui fait que les cours, c’est plutôt pour les asticots. Bon… Gisselaine, elle s’appelle Gisselaine, deux trois fois, ma pauvre main a frôlé le fruit interdit… De l’attouchement subliminal pour ainsi dire… Toi, faut avouer, t’as abusé pour de vrai. On a la déposition ! Petit père, c’est pas dans l’egarement d’une chaude nuit d’été… C’est toutes les semaines depuis six mois. Bon… Elle dit qu’elle était consentante, mais tu sais bien que ça, c’est du vent. Va falloir t’expliquer, sérieusement, et t’appliquer, bien en rythme, staccato… En attendant, l’histoire avec Gisselaine, ça reste entre nous, hein ?

J’ai rarement vu un livre éveiller autant d’émotions de cette façon, et je l’ai déjà dit dans mon article sur Leçons du Monde fluctuant, avec Noirez, je sais pourquoi j’aime lire et pourquoi je préfère le format livre aux autres. C’est exactement pour vivre ce genre de sensations que je lis, et Noirez arrive à me donner ce plaisir que j’attends de la lecture. C’est réellement l’auteur que j’ai découvert cette année que je compte le plus découvrir. Je suis donc content d’avoir fait dédicacer ce livre aux Utopiales, c’est vraiment à lire, et je pense ne pas me tromper (de toute façon Catherine Dufour le dit dans la postface) en disant que dans le Diapason, on retrouve du concentré de tout ce dont est capable Noirez, et ça donne envie !

Ma dédicace :D


Couverture du Maître des Dragons

Le Maître des Dragons de Fabrice Colin

7/12/2010
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Img Tous
Titre :
Img Le maître des dragons
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Le maître des dragons est un roman de Fabrice Colin, qui reprend l’histoire de La Malédiction d’Old Haven, un autre de ses romans (que je n’ai pas lu) mais du point de vue d’un autre des personnages principaux.

Autant le dire clairement et tout de suite, je n’ai pas aimé, et c’est pour cela que j’ai tant tardé à écrire cet avis. Il faut dire que j’ai pris ce livre sur un coup de tête, je voulais seulement un livre de Fabrice Colin avant les Utopiales, j’ai donc choisi un peu au hasard.

Il y a beaucoup d’éléments qui ont fait en sorte que je n’ai pas aimé, mais ce n’est pas à cause du style. Fabrice Colin écrit bien. Non, le problème de ce livre réside seulement dans l’histoire elle-même et le personnage principal, en clair, tout le reste.

Car pendant tout le livre, on a l’impression de connaître le personnage principal, malgré les zones d’ombre qui planent jusqu’à la presque toute fin. Mais de temps en temps, il change complètement de comportement, comme s’il était devenu un autre homme.

Il ne faut pas oublier le fait que ce roman reprend l’histoire de La Malédiction d’Old Haven, et donc que l’auteur a dû suivre la trame qu’il avait déjà écrite dans cet autre roman, mais le problème est, c’est en tout cas ce que je me suis dit pendant la lecture, que Thomas devait être une certaine personne dans La Malédiction d’Old Haven, mais qu’il ne l’a pas fouillée de la même façon dans Le Maître des Dragons et du coup, je l’ai ressenti à la lecture.

Le Maître des Dragons

Le Maître des Dragons

Mais ce n’est pas tout, c’est aussi le cas au niveau de la trame. Je ne peux qu’imaginer la difficulté d’adapter un roman en fonction d’un autre, mais il y a pour moi beaucoup trop de raccourcis gênants et flagrants, des raccourcis pris par l’auteur qu’on ne peut que remarquer. Je pense notamment à un passage où il y a une attaque de créatures bizarres, justement au moment où Thomas est en prison. J’ai trouvé ça un peu simple.

L’absence de logique dans certains des actes du personnage, renforce cette impression. Le personnage agit parfois à l’instinct et j’ai toujours eu du mal avec ce genre de comportement, qui me paraît un peu absurde et qui enlève tout d’une possible réalité du roman.

J’ai également eu du mal avec la fin très rapide, alors qu’on s’est habitués à un rythme très lent tout le reste du roman. Pour tout dire, je me suis même parfois demandé l’intérêt de certains passages…

Le titre également, j’ai toujours cherché le rapport entre le titre et le contenu du roman, autant vous le dire, si vous vous attendez à voir beaucoup de dragons, vous serez déçus comme je l’ai été, il y en a, certes, mais Thomas n’a rien d’un maître aux dragons, car il n’en côtoie véritablement qu’un seul, et pas longtemps.

Ce livre a sûrement certaines qualités, mais je reste franchement obnubilé par tout ce qui m’a dérangé. Je sais par contre qu’il a plu à certaines personnes, souvent qui avaient lu la malédiction d’Old Haven avant… J’aime pas descendre les livres de cette façon, parce qu’on dirait que ce livre n’a aucune qualité, mais ce qui ne me plaît pas peut plaire à d’autres.


bloodsilver-8112075

Bloodsilver de Wayne Barrow

2/12/2010
Année :
Img 2006
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Img Adulte
Titre :
Img Bloodsilver
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J’ai voulu tester les cercles de lecture (sur lesquels je ferais peut-être un article). Je me suis donc inscrit sur le cercle d’Atuan et ai participé à la lecture du mois de Novembre. Vous l’aurez compris, ce mois-ci, c’était Bloodsilver, de Wayne Barrow, qui est en fait un pseudonyme pour les auteurs Johan Heliot et Xavier Mauméjean qui avait été sélectionné !

Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis content d’avoir essayé ce mois-ci, parce que j’aurais sûrement laissé passer cette occasion en or de lire ce fabuleux roman qu’est Bloodsilver ! Un coup de coeur je vous dis !

Parfois, quand un coureur des bois s’avise qu’il possède des balles en argent, Nicholas est pris à partie :
«Dame, les Suceux te les achèteront un bon prix !
— Je ne souhaite pas les vendre.
— Pourquoi ?
— Je les leur logerai pour rien dans le crâne.»

Ce roman peut être comparé à un recueil de nouvelles, chaque chapitre racontant en effet une histoire différente, même si elles ont toutes un point commun : Y apparaissent les Broucolaques, ou Brookes. Même si cela surprend au début, on s’y habitue rapidement et ça en devient agréable. En plus, cela donne une autre dimension au livre, une autre ambiance, que s’il avait raconté une seule histoire, on a l’impression de suivre un mythe, une légende, ce convoi de vampires au but mystérieux qu’on côtoyé bon nombre de personnages…

Couverture de Bloodsilver chez Mnémos

Et pas n’importe quels personnages je vous prie ! Après la lecture de ce roman, Billy le Kid, Doc Holliday, les frères Dalton, Mark Twain, les Winchester, Wounded Knee, les procès de Salem, tous autant d’éléments marquants de l’histoire de l’Amérique, n’auront plus de secrets pour vous ! C’est l’élément le plus important du livre et ce qui en fait sa magie : les auteurs ont retranscrit des épisodes marquants de l’histoire américaine en leur ajoutant des éléments fantastiques. Les histoires de ces illustres personnages ou évènements se suffiraient à elles-mêmes, alors quel est l’intérêt de ces Broucolaques, cette part de fantastique ? Et bien tout simplement de lier les différents textes entres eux, par un thème commun, mais aussi et surtout d’insuffler une ambiance propre au livre.

Le pasteur se reprend :
«Veuillez m’excuser, révérend, ce sont des choses pénibles à admettre. Notre petite Elisabeth a dégorgé une bave blanche et abondante. Elle s’est couchée entre les bancs, a relevé ses jupes et exhibé son intimité.
— S’est-elle caressée ? demande le chasseur.
Marjorie Parris ouvre la bouche sans pouvoir proférer un mot.
«Non, répond le pasteur, rien de la sorte.

Ce que j’ai aimé faire, c’est comparer la vraie histoire avec celle qui nous est racontée, je peux vous dire qu’on est souvent surpris !

Ce livre ne vous offre pas l’histoire de l’Amérique, elle vous offre des épisodes de légende contés originalement, qui vous intriguent et vous poussent à vous documenter plus avant.

Je parlais de l’ambiance. Elle est tout simplement géniale, pour quelqu’un comme moi qui n’a pas vu tellement de Westerns, elle m’a passionné. Beaucoup des personnages mis en scènes sont des tireurs, et on est vraiment dans l’ambiance de conquête de l’Amérique, les personnages sont complètement arrogants et tirent pour un oui ou pour un non. Ils ne sont pas inconscients du mal qu’ils font, ils n’y réfléchissent tout simplement pas, et on peut même dire qu’ils s’en fichent. Ils savent ce qu’ils veulent et le prennent.

Plusieurs guerriers se sont portés à leur rencontre. Il faut savoir qu’un Mohican ne devient homme que s’il tue un ours à l’âge de treize ans. Ils ont le coup pour abattre la bête. On attend que le grizzly écarte ses pattes pour plonger et le frapper au coeur. Le garçon n’a droit qu’à un seul essai. Cela pour dire que les braves n’ont pas hésité.

Et le style suit ! C’est brut, parfois vulgaire, sans jamais toutefois dépasser la bienséance. C’est le franc-parler des « cow-boys ». J’ai trouvé que le style utilisé par les auteurs collait bien aux textes. En plus de cela, on sent des différences, parfois grosses, lorsqu’on change de personnage, ce qui leur donne du relief et une identité propre.

On peut dire que j’ai adoré ce livre, qui en plus d’être extrêmement divertissant, est également bien construit et pensé, et nous instruit par la même occasion. En prenant ce livre, ce que je vous conseille de faire, ne vous dites pas « Encore une histoire avec des vampires », car les Broucolaques ne sont pas l’élément le plus intéressant dans ce livre. Ils sont d’ailleurs très peu fouillés.


Ceux qui nous veulent du bien

Ceux qui nous veulent du bien

30/11/2010
Année :
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Img Ceux qui nous veulent du bien
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Ceux qui nous veulent du bien, aussi nommé « Souriez, vous êtes gérés » est une anthologie publié par la Volte dont vous pouvez voir les auteurs en cliquant sur le + à côté de Collectif, juste au dessus de cette article.

Parlons tout d’abord de l’objet : le livre. La Volte a joué le tout en sobriété et simplicité, en y alliant la beauté. La couverture est vraiment très belle, mais surtout, elle est originale. C’est en effet ce que je qualifierais de double couverture. C’est-à dire qu’on a en premier la couverture, et que c’est seulement en ouvrant le livre qu’on a le titre et toutes les informations. C’est classe et j’adhère vraiment. C’est pareil pour le dos de l’objet.

Au début de chaque nouvelle, on a le droit à une brève description de l’auteur.

Passons au contenu. Je dois dire que même si j’ai beaucoup aimé le recueil, j’ai quand même été assez déçu. J’ai trouvé que certaines nouvelles ne sont là que pour meubler le tout, et c’est bien dommage car elles baissent le niveau du recueil, qui contient de très bonnes nouvelles. Vous l’aurez compris, l’ensemble est assez hétéroclite, que ce soit d’ailleurs au niveau de la qualité mais aussi au niveau des thèmes abordés, très différents.

On retrouve les thèmes classiques, mais on tombe également sur des petites perles, et je vais en surprendre certains en disant que la nouvelle qui m’a le plus marqué n’est pas celle de Damasio, mais celle de Jacques Mucchielli : Spam. Il a su allier un sujet très actuel à un style et une trame qui m’ont juste soufflé. Je ne connaissais pas du tout cet auteur, et j’ai été déçu de voir qu’il n’a pas écrit de roman entièrement à lui, le seul roman portant sa marque étant une collaboration de deux auteurs. Damasio m’a quand même dit aux Utopiales qu’il était bien, je tenterais peut-être. Je conseillerais le recueil presque seulement pour celle là.

On tombe aussi sur des nouvelles impressionnantes en terme de ressenti, de sentiment pendant la lecture, avec un thème très original. Et je veux parler bien sûr de celle de Damasio, Annah à travers la harpe, qui m’a beaucoup touché. Il faut aussi savoir que c’est un sujet qui lui tenait à cœur, puisque cette nouvelle est pour sa petite fille. Très poétique et imagée.

Couverture intérieure chez la Volte

J’ai été surpris de tomber sur un texte de Camille Leboulanger, un jeune auteur de 19 ans, dont j’ai apprécié le texte, même si je sais que certains autres n’ont pas été convaincus. C’est l’aspect un peu « conte pour adulte » de la nouvelle qui en a rebuté beaucoup qui m’a séduit, c’est vraiment décalé, ce qu’on pourrait interpréter comme brouillon, mais c’est à mon avis voulu.

L’anthologie se divise donc en deux parties, il y a les textes qui marquent et qui sont intéressants, et il y a les textes qui ne font ni chaud ni froid, on se demande même ce qu’ils font dans une anthologie publiée chez la Volte, qui nous avait habitués à beaucoup mieux, qui plombent le tout.

On peut aussi noter l’absence d’un quelconque espoir, sauf dans la nouvelle de Damasio (et toujours chez Damasio :) ), ce qui devient usant à force.

Je suis donc content d’avoir lu ce recueil, parce que j’ai pu découvrir des auteurs qui me paraissent intéressants, mais je m’attendais à beaucoup mieux et j’ai été un peu déçu ! Tant pis !