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À vos souhaits de Fabrice Colin

31/01/2011
Année :
Img 2000
Auteur :
Editeur :
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Titre :
Img À vos souhaits
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À vos souhaits est un roman de Fabrice Colin, et il est aussi un des premiers livres édités par Bragelonne, en l’an 2000.

Couverture chez Bragelonne

Après ma première excursion dans l’univers de l’auteur avec son Maître des dragons, que je n’avais pas beaucoup appréciée, j’ai décidé de donner une deuxième chance à l’auteur en participant à une Lecture Commune organisée par Acr0. Bien m’en a pris, parce que cette lecture fut une excellente surprise, et sans avoir adoré, j’ai vraiment apprécié.

J’étais assis sur le banc des entraineurs, avec ma mère d’un côté et Gustus Oakley de l’autre. Je n’avais pas réussi à leur échapper : en ce qui concernait ma mère, le problème durait depuis un bon paquet d’années.

L’univers est déjanté, les personnages sont déjantés, qu’ils soient principaux ou secondaires, et c’est la force de ce roman. C’est fou, complètement fou, stéréotypé, mais volontairement, ce qui rend la chose intéressante au lieu d’ennuyante. On y retrouve des elfes qui pratiquent la magie, des nains ayant une relation très étroite avec la nature, mais également des dragons, ridicules, de la taille d’un lapin et tenus en laisse comme de vulgaires chiens.

— Maître, chuchota la goule Nozdriov, j’ai perdu un doigt.
— Tu sais où tu peux te le mettre ?
— Comment ? fit le Diable.
— Non, je parle à ma goule, expliqua le baron.
— D’accord, fit le Diable, qui commençait visiblement à perdre son calme. C’est parfait. C’est fantastique.

Mais à côté, et c’est ce qui fait le charme de ce livre, nous avons 3 personnages principaux, ou plutôt 3,5 si l’on compte Prudie, la gnome au service du personnage central, un humain que la mort refuse de prendre, un nain qui n’arrive pas à faire pousser la moindre fleur, et un elfe qui repasse pour la troisième fois son examen de magie de première année. Trois ratés, amis, malgré leur caractère insupportable, et unis malgré eux dans une histoire qui les dépasse complètement.

Le parti zombie regrouperait tous les morts vivants le souhaitant et serait subventionné par des crédits loyaux, au nom de principes démocratiques fondamentaux « visant à reconnaître les droits des morts à une vie normale ».

L’humour est très présent, un humour qui apparait par l’absurde, par les situations cocasses dans lesquelles se mettent les personnages principaux, par les réactions, de ces même personnages ou par celles de personnages secondaires, plus fous les uns que les autres, aux spécificités les plus folles et incroyables…

– Vos lacets sont défaits.
L’elfe baissa lentement les yeux. Ses lacets ? Mais il était pieds nus !

Car l’histoire elle-même prête beaucoup à rire : personne ne peut mourir, ce qui n’arrange pas John Moon, l’humain qui donnerait tout pour pouvoir mourir, qui a déjà tenté plusieurs fois sans jamais y arriver, et à qui la mort, enfermée dans le corps d’un dragon, va demander de l’aide.

Maman gloussait comme une poule. La dernière fois que je l’avais vue rire, c’était à l’enterrement de mon père.

On alterne donc entre l’un peu absurde, l’absurde, et le complètement absurde. On pourrait penser qu’il viendrait un moment où l’on serait lassé, ça n’a pas été mon cas. J’ai ri de bon cœur aux blagues, qu’elles soient faciles ou pas d’ailleurs, le livre est fait pour ça, et je me suis prêté au jeu sans rechigner.

Un bon livre que je conseille à ceux qui en ont marre de la fantasy classique, qui souhaitent se moquer gentiment d’elle, et  lire quelque chose pour rire sans se prendre la tête.


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La Volonté du Dragon de Lionel Davoust

28/01/2011
Année :
Img 2010
Editeur :
Ils en parlent aussi :
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Img Tous
Titre :
Img La Volonté du Dragon
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La Volonté du Dragon est un livre de fantasy écrit par l’auteur Lionel Davoust (qui tient un blog d’ailleurs, si vous souhaitez le suivre !), un auteur français dont on entend de plus en plus parler, notamment grâce à sa présence aux évènements portant sur l’imaginaire (comme les Utopiales). Ce roman est également le deuxième livre édité par les éditions Critic. Très court, à peine 165 pages, si court qu’on peut se demander si l’auteur peut trouver le temps de développer son histoire… Alors, finalement, qu’en est-il ?

La jolie couverture des éditions Critic

On trouve dans ce livre tous les éléments qui font de la bonne fantasy, un combat (naval, s’il vous plaît !), du mystère, de la magie… Mr Davoust fait le tour du genre, et ceci en moins de 200 pages ! Mais, plus que cela, l’auteur implique des éléments qui se prêtent plus à la science-fiction et qui finalement, ne se mélangent pas mal non plus avec la fantasy. Car il y a l’opposition de deux idéaux, et leur confrontation est plutôt bien rendue, chaque parti ayant leurs propres arguments, qui se valent plus ou moins. Les personnages ont leur personnalité, sont parfois bien ancrés sur leur position, mais tout ce qui se passe dans leur tête, leurs hésitations, leurs incertitudes… nous les comprenons et les ressentons avec eux.

- Ce doit être une expérience inédite pour vous, fit le gouverneur d’un ton léger, mais où pointait une jubilation impossible à dissimuler. La défaite.

- Ne tombez pas dans le piège que vous tendez, excellence : celui de l’orgueil.

Un roman fort donc, et pourtant, alors qu’il s’y prêtait beaucoup, je n’ai pas remarqué beaucoup de passages meilleurs que le reste, émotifs, qui prennent aux tripes. Le rythme est constant et posé et même si cela peut être appréciable, j’aurais aimé trouver des moments émotifs, comme lors des nombreuses morts, des renversements de situations etc… Mais tout s’enchaîne trop vite pour que ce soit possible. Cela dit, même si le rythme est rapide, il ne faut pas oublier le fait que l’on est en pleine bataille et que donc, forcément, tout va vite.

Se battre, fut-ce pour rien, reste toujours préférable à l’asservissement.
- Sur ce point, généralissime, nous sommes d’accord. Il semble juste que ce soit juste l’identité de l’oppresseur qui nous sépare.

Le roman porte bien son titre, car il y a véritablement deux volontés qui s’affrontent, l’une toute en puissance, l’autre toute en finesse (non, il n’y a pas de Dragon dans ce roman, si c’est ce que vous cherchez, ce n’est pas vraiment ici que vous le trouverez ;) ). Pendant tout le roman, on se pose une question, qui nous suit vraiment tout le temps. Comment cela va-t-il finir ? On la sent venir cette fin, et personnellement, celle que je voyais venir, je ne la voulais pas, je la craignais beaucoup et je ne la voulais pas dans ce roman, car je pensais que l’auteur valait mieux que cette fin que je trouvais idiote et prétentieuse. Heureusement pour moi, l’auteur ne m’a pas déçu et a su faire durer le suspense jusqu’au bout, jusqu’à la dernière page, ce qui rend la fin encore plus rapide que le reste du roman. J’ai vraiment été ravi de la fin du roman, pas parce qu’elle est spectaculaire – même si elle l’est un petit peu – mais parce qu’elle est véritablement adaptée.

« Vos batailles sont trop propres. Isolés dans vos coupoles, votre raffinement, votre détachement, vous avez tout simplement oublié que la guerre n’est pas un jeu. » Il marqua une brève pause. « Et qu’aucun modèle, aussi raffiné soit-il, ne représente fidèlement la réalité. »

Bref, un bon livre, français qui plus est, que je conseille à tous ceux qui souhaitent passer un agréable moment ! Je regrette seulement que l’auteur n’ait pas (encore) plus écrit que ça !


Couverture poche

Le trait d’union des mondes de Jérôme Camut

10/01/2011
Année :
Img 2002
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Img Tous ?
Série :
Titre :
Img Le trait d'union des mondes
Tome :
1
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Le trait d’union des mondes est le  titre très intriguant du premier tome de la série Malhorne écrite par Jérôme Camut. Je ne m’attendais pas du tout à cela, j’ai pris ce livre en pensant lire du fantastique médiocre, une bonne histoire mais sans rien d’exceptionnel, je regrettais même de l’avoir acheté après, mais finalement, après lecture, je ne regrette pas du tout, je suis d’ailleurs très content de l’avoir fait. Comme quoi, les achats compusifs peuvent aussi avoir du bon !

Quand ça m’est tombé dessus, j’étais un salopard.
Les vies ne m’ont pas épargné. Je suis revenu dans des peaux pas toujours ragoûtantes. J’ai été un assassin, un violeur. J’ai abandonné presque toutes mes familles, sans aucune espèce de remords… Je suis resté longtemps un salopard. Allez savoir, d’ailleurs, si je n’en conserve pas quelques traces.

Ça commence comme du fantastique pur, un mystère dont on ne comprend vraiment rien, qu’on suit par le biais d’une enquête, pas policière, mais archéologique et ethnologique. Je commençais à apprécier, je n’avais jamais beaucoup lu de fantastique, et je me disais que c’était vraiment bien, le style de l’auteur était agréable et l’enquête était vraiment bien menée. Pas de raccourcis faciles empruntés, pas de personnages qui apparaissent et disparaissent après avoir fourni leur renseignement, bref, on voit que l’histoire a été travaillée par l’auteur.

Puis on rencontre Malhorne, le centre même de l’histoire, et il nous raconte son histoire. Malhorne est éternel mais mortel, c’est à dire qu’à sa mort, il se réincarne dans un nouveau corps à proximité. Malhorne livre son histoire, à des personnages qu’il faut convaincre, qui trouvent cela impossible bien sûr. On tombe donc dans de la Fantasy, car une histoire insensée est contée, et alors que je trouvais le livre bien, il est devenu génial, l’auteur mêle tout cela avec un talent indiscutable, le suspense est là alors qu’en lisant le résumé,on est à peu près déjà au courant de tout. C’est un mélange des deux genres, et je me suis demandé comment c’était possible au début, le Fantastique, pour moi, ressemble à la Fantasy mais je pensais également que c’était deux genres qui ne pouvaient pas être mélangés, je n’avais pas imaginé cette possibilité.

Couverture poche

Ce qui est intéressant dans ce livre et dans ce qui est raconté, c’est que l’on rencontre à peu près toutes les populations, à des différentes époques, que cela enrichit un peu notre connaissance de l’histoire, mieux que des cours puisque c’est une histoire qui nous parait vécue. La révolution en France par exemple, qui même si elle n’est pas traitée de façon générale, l’est d’un point de vue spécifique qui enrichit ce que nous savions déjà.

A cela se mêle une intrigue intéressante, une histoire qui est vraiment originale, avec une approche qui l’est encore plus, et une fin qui même si elle change du tout au tout du début du roman, donne envie de savoir de quoi il retournera dans les prochains tomes. J’ai donc hâte de me replonger dans cette aventure !

Je sais en tout cas que ce livre a été plutôt bien apprécié et je ne peux que le conseiller !


Couverture du Jardin Schizologique

Le jardin schizologique

7/01/2011
Année :
Img 2010
Editeur :
Public :
Img Adulte
Titre :
Img Le jardin Schizologique
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Le Jardin Schizologique est un recueil dirigé par Olivier Noël sorti en même temps que Ceux qui nous veulent du bien. On y retrouve les auteurs réguliers de La Volte, qui édite ce présent recueil. Les deux recueils se ressemblent beaucoup, seule la couleur (grise pour CQNVDB, et noire pour le Jardin) change véritablement. Je trouve le Jardin encore plus classe que CQNVDB.

Couverture intérieure du Jardin Schizologique

Ce livre m’attirait beaucoup, de par le mystère qui l’entourait quand à son contenu, dont on se fait une idée approximative grâce au titre et au résumé, et qui promettait beaucoup. Finalement… j’ai bien aimé, pas toutes les nouvelles malheureusement, mais c’est plutôt normal dans un anthologie, mais dans l’ensemble, ça allait.

Innervée, la nuit était féale aux urgences tactiles. Juste allégation mais aussi intuition sereine : évitant toute introduction qui utiliserait et trahirait en retour une nécessité si usuelle – jolie écervelée, tentée car authentiquement religieuse -, une nonne excitée priait et rougissait sans oser nier ni aimer l’irrépressible torpeur érotique déployée en polissant assidument son sexe émoustillé. Toutefois, oubliant une jouissance ou une récompense si libératrice, elle se laissait masturber innocemment, tremblante et soumise, dans une nouvelle et craintive assiduitétorpide. Effarante gloriole onaniste, risible intensité expiatoire.

Au niveau du style, je n’ai rien à dire, pas dans le sens où le style est banal, non, juste que je n’ai pas remarqué de nouvelle mal écrite ou sans personnalité. Toutes les nouvelles sont très bien écrites, je ne me suis pas ennuyé du tout pendant cette lecture, j’étais vraiment sous le charme du style des différents auteurs.

Quant à moi, fidèle à ma posture, je me contente d’halluciner continûment et de rire aux larmes.

 

Elle joue à être moi : poupée de givre, poupée de sang. Dans l’espace au-delà du miroir, je la vois toucher aux livres, aux meubles, aux bibelots, pour en apprivoiser la forme et la texture.

En fait, là où le bât blesse, c’est au niveau de la complexité de l’histoire. Complexité dans le sens de difficiles à comprendre. La majorité des nouvelles est chaotique. C’est bel et bien le sujet, je me représente la schizophrénie comme un immense chaos, un océan aux vagues immenses et où le vent, traitre, nous emmène sans effort au large et où aucune lutte n’est possible, et c’est bien comme cela qu’elle est représentée dans certaines des nouvelles, mais parfois, le chaos est trop intense, trop… chaotique. Ce qui rend la lecture très difficile, on se voit parfois lire plusieurs fois le même paragraphe d’une nouvelle parce qu’on se demande si on a pas loupé quelque chose. Il faut le dire : Il y a des moments où je n’ai absolument rien compris à ce qui se passait, ce qui a eu pour conséquence une incompréhension partielle de certaines des nouvelles. Alors peut-être que c’est seulement à cause de mon cerveau trop faible pour comprendre ce qu’on voulait nous dire, c’est fortement possible, mais je préfère me dire (vanité quand tu nous tiens) que ce n’est pas de ma faute, alors je le dis.

- Mais j’ai tout le temps peur. J’arrive pas à dormir. Dès que je ferme les yeux, je revois Roderic. Il grimaçait comme le diable. De son pantalon, il avait sorti une… une espèce de saucisse… monstrueuse !
- Ça n’a aucun rapport. Vous voyez bien, elle a tout compris de travers : elle a huit ans à peine !
Et Isa, elle pleurait, elle disait que non, qu’elle voulait pas, qu’il avait pas le droit. Mais lui, il s’en fichait. Il lui a déchiré sa robe. Et elle s’est mise à crier, avec des sanglots terribles. Alors il lui a mis ce truc entre les cuisses. Et elle a poussé un cri aigu… Si aigu…
- Chut, chut, Petite Muguet… C’est fini maintenant. C’est fini…
Non ! C’est pas fini. Ce sera jamais fini. Il revient toutes les nuits. Il m’écarte les jambes avec cet affreux machin. Ha !… Et il me l’enfonce dans le ventre. Haaa ! Et moi je veux pas ! Je veux pas ! Ooooh !…

Et pourtant, j’en ressors avec un assez bon souvenir, mitigé certes, mais malgré tout tendant vers le bon, car j’ai aimé lire ce recueil. Beaucoup des nouvelles sont fortes, au message très subtil et pourtant très touchant. Je crois que dans ce recueil, le mot schizophrénie n’est pas employé une seule fois. Tout est subliminal, on ne comprend pas de suite ce qui se passe, et parfois, il ne se passe pas beaucoup de choses, car — faut-il le rappeler ? — les auteurs abordent la schizophrénie, maladie mentale. La plupart du temps donc, on suit la réflexion d’une personne, s’exprimant souvent avec plusieurs voix, et l’effet est très réussi.

Si votre employeur vous fait appeler et vous félicite pour votre rendement, répondez-lui d’une façon insultante, puis giflez-le.

Une oeuvre originale donc, malgré le fait qu’il soit difficile, en tout points, et donc difficilement recommandable. Je ne peux pas le conseiller, mais ce n’est pas pour autant que je le déconseillerais. Si vous souhaitez le lire, j’aurais également à vous souhaiter une bonne lecture… mais aussi bon courage !

Sam, c’est mon fils. Il a eu trois ans bientôt. Je suis son vrai père, je l’ai adopté.

 

Postillons intempestifs, perruques inconvenantes, anachronismes revendiqués : déclencheurs d’hilarités sporadiques.

Merci à Babelio pour m’avoir envoyé ce livre lors d’une de leurs opérations Masse Critique, et sur  lequel je n’ai que trop tardé à donner mon avis !

Au revoir, Monsieur… Vous sur une rive, nous sur l’autre, nous resterons des étrangers. Absolus, inconciliables… Dieu lui-même ne pourrait y remédier.

 


-ken-scholes-lamentation

Lamentation de Ken Scholes

5/01/2011
Posté par Ben (Zedd), dans Livres
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Auteur :
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Titre :
Img Lamentation
Tome :
1
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Me revoici après une longue absence pour vous faire par de mon avis sur Lamentation de Ken Scholes, premier tome des Psaumes d’Isaak. Commençons par un petit résumé ou plutôt synopsis !

Que dire ce livre ?

Je reste plutôt sceptique à propos de ce livre pour plusieurs raisons. D’une part d’après ce que j’en avais lu sur le net, il me paraissait très alléchant et de plus Bragelonne, l’éditeur, en avait fait un de ses « coups de coeur » et depuis qu’ils ont appelé Le Nom du vent un « coup de coeur » j’avais tendance à les suivre à ce niveau là. En outre, la couverture est bien réussie et la quatrième de couverture attirante. Bref rien qui puisse m’empêcher d’acheter ce bouquin. De plus je l’ai lu à une vitesse ahurissante (moins d’un jour) et je n’ai rien trouvé à l’intérieur qui puisse m’inciter à critiquer ce livre. Cependant j’ai ressenti un sentiment étrange en lisant ce livre je n’arrivais pas vraiment à rentrer totalement dedans, bien sur je suis rentré dedans vu que je l’ai fini en un jour mais quand même. Peut-être est-ce le fait que justement il se lise trop vite qui fasse qu’on a du mal à s’imprégner de l’histoire et du monde dans lequel on est censé rentrer. Bon trêve de de plaisanteries rentrons maintenant dans le vif du sujet.

Tout d’abord pour ce qui est de la forme, je suis encore sceptique. C’est bien écrit, mais justement on se rend compte que c’est très conventionnel. Je m’attendais à plus extravagant de sa part ou plutôt plus poétique comme un Rothfuss. En effet l’écriture ne prend pas le thème du livre en compte et on se rend compte que l’on a plus le droit à du Gemmell qu’à du Damasio. Bien que le Gemmell n’ait rien à prouver bien au contraire. C’est juste que c’est un peu du « déjà vu ». Le vocabulaire lui non plus n’est pas très fourni et n’a rien exceptionnel sans être pour autant très pauvre. En fait il n’y pas vraiment grand chose à dire sur l’écriture de Scholes elle n’est ni désastreuse ni fabuleuse. On note quand même la faiblesse des descriptions très peu présentes et pas forcément bien réussies et aussi l’absence d’un brin de poésie dans un univers nostalgique ce qui est quand même primordial à mon goût. De plus l’humour n’est pas au rendez-vous; un rien de narcissisme n’aurait pas pu faire de mal ou même d’humour noir. Pour ce qui est de la mise en forme du roman là aussi cela m’a laissé songeur. Au fil des chapitres, on suit une diversité de personnages qui pourraient être intéressants mais l’auteur passe trop vite de l’un à l’autre si bien que l’on a du mal soit à s’attacher aux personnages ou à essayer de les comprendre. Il se préoccupe beaucoup plus de l’histoire et de son intrigue ce qui va être l’objet de ma deuxième partie.

Pour ce qui est de l’histoire elle n’a rien non plus d’extraordinaire. On retombe dans de la Fantasy pure un peu à la Fiona McIntosh et il n’y a aucun mal à ça. Mais on s’attend quand même à mieux. En effet, l’auteur a trouvé un monde intéressant, avec des personnages qui le sont tout autant, mais descriptions et informations nous font cruellement défaut. D’une part toute l’histoire est basée sur la fin de l’Ancien Monde, où une catastrophe similaire à celle de Windwir l’a réduit en un désert inhospitalier, et l’on n’obtient au fur et à mesure que des brides d’information sur cette Histoire qui fait que l’ont à du mal à comprendre ce qui se passe ce qui s’est passé et pourquoi. De plus, un des thèmes principaux du livre est la bibliothèque de Windwir où était amassée tout le savoir du monde, il aurait été intéressant et judicieux de faire comme certains le font en début de chapitre de nous proposer des extraits de ces livres qui nous donneraient d’avantage d’information sur le monde dans lequel on est censé arriver. On sent vraiment que l’auteur se concentre surtout sur l’intrigue, mais il n’a rien d’un Martin ou d’une Hobb, ce qui fait que bien qu’il y arrive tant bien que mal cela laisse un trou béant aux autres niveaux. Les peuples sont pas forcement très approfondis, ou alors ils le sont dans la tête de l’auteur, les personnages ne sont pas assez expliqués et restent un peu dans l’ombre comme si on devait faire le travail à la place de l’auteur de se créer nos personnages et alors le monde même si certains ne peuvent supporter les descriptions à rallonge de Tolkien là on a le droit à quelques petites descriptions évasives.

Bon voilà ma critique et je sens que j’ai été un peu dur… Je pense que, même si il ne s’agit pas d’un chef d’oeuvre, on peut tout à fait l’aimer et dans un certain sens c’est mon cas et je lirais  le suivant mais il ne faut pas s’attendre à plus. Il s’agit en fait que de la pure fantasy pour se détendre, rien de très intellectuel ni de très original ou extravagant !