À vos souhaits est un roman de Fabrice Colin, et il est aussi un des premiers livres édités par Bragelonne, en l’an 2000.
Après ma première excursion dans l’univers de l’auteur avec son Maître des dragons, que je n’avais pas beaucoup appréciée, j’ai décidé de donner une deuxième chance à l’auteur en participant à une Lecture Commune organisée par Acr0. Bien m’en a pris, parce que cette lecture fut une excellente surprise, et sans avoir adoré, j’ai vraiment apprécié.
J’étais assis sur le banc des entraineurs, avec ma mère d’un côté et Gustus Oakley de l’autre. Je n’avais pas réussi à leur échapper : en ce qui concernait ma mère, le problème durait depuis un bon paquet d’années.
L’univers est déjanté, les personnages sont déjantés, qu’ils soient principaux ou secondaires, et c’est la force de ce roman. C’est fou, complètement fou, stéréotypé, mais volontairement, ce qui rend la chose intéressante au lieu d’ennuyante. On y retrouve des elfes qui pratiquent la magie, des nains ayant une relation très étroite avec la nature, mais également des dragons, ridicules, de la taille d’un lapin et tenus en laisse comme de vulgaires chiens.
— Maître, chuchota la goule Nozdriov, j’ai perdu un doigt.
— Tu sais où tu peux te le mettre ?
— Comment ? fit le Diable.
— Non, je parle à ma goule, expliqua le baron.
— D’accord, fit le Diable, qui commençait visiblement à perdre son calme. C’est parfait. C’est fantastique.
Mais à côté, et c’est ce qui fait le charme de ce livre, nous avons 3 personnages principaux, ou plutôt 3,5 si l’on compte Prudie, la gnome au service du personnage central, un humain que la mort refuse de prendre, un nain qui n’arrive pas à faire pousser la moindre fleur, et un elfe qui repasse pour la troisième fois son examen de magie de première année. Trois ratés, amis, malgré leur caractère insupportable, et unis malgré eux dans une histoire qui les dépasse complètement.
Le parti zombie regrouperait tous les morts vivants le souhaitant et serait subventionné par des crédits loyaux, au nom de principes démocratiques fondamentaux « visant à reconnaître les droits des morts à une vie normale ».
L’humour est très présent, un humour qui apparait par l’absurde, par les situations cocasses dans lesquelles se mettent les personnages principaux, par les réactions, de ces même personnages ou par celles de personnages secondaires, plus fous les uns que les autres, aux spécificités les plus folles et incroyables…
– Vos lacets sont défaits.
L’elfe baissa lentement les yeux. Ses lacets ? Mais il était pieds nus !
Car l’histoire elle-même prête beaucoup à rire : personne ne peut mourir, ce qui n’arrange pas John Moon, l’humain qui donnerait tout pour pouvoir mourir, qui a déjà tenté plusieurs fois sans jamais y arriver, et à qui la mort, enfermée dans le corps d’un dragon, va demander de l’aide.
Maman gloussait comme une poule. La dernière fois que je l’avais vue rire, c’était à l’enterrement de mon père.
On alterne donc entre l’un peu absurde, l’absurde, et le complètement absurde. On pourrait penser qu’il viendrait un moment où l’on serait lassé, ça n’a pas été mon cas. J’ai ri de bon cœur aux blagues, qu’elles soient faciles ou pas d’ailleurs, le livre est fait pour ça, et je me suis prêté au jeu sans rechigner.
Un bon livre que je conseille à ceux qui en ont marre de la fantasy classique, qui souhaitent se moquer gentiment d’elle, et lire quelque chose pour rire sans se prendre la tête.

2000
Tous
À vos souhaits





Liste des livres